Neuchâtel: motion adoptée pour renforcer les coopératives de logement
Grand Conseil - NE
Les députés neuchâtelois ont accepté mardi une motion demandant de renforcer la promotion de l’habitat à utilité publique en coopérative dans le canton de Neuchâtel. Le texte, émanant de députés des groupes socialiste, VertPOP et Vert'libéral, a été approuvé par 54 oui, 43 non et 2 abstentions.
"Il y a moins de 4% de logements d'utilité publique dans le canton, alors que leurs loyers sont 20 à 30% moins cher que ceux du marché", a déclaré Nathalie Ljuslin, première signataire de la motion. "Il s'agit de corriger un déséquilibre", a-t-elle ajouté.
Le but de ce texte "est d'atteindre une proportion cible de 10% de logements en coopérative dans les zones de pénurie du parc immobilier cantonal d’ici à 2040", a précisé Nathalie Ljuslin. La motion demande aussi de reconnaître aussi explicitement le rôle social et environnemental de ces coopératives.
Le Conseil d'Etat ne s'est pas opposé à la motion, qui va dans le sens de la politique qu'il veut mettre en place, mais ne partage pas certains objectifs qu'il trouve trop ambitieux. "Nous visons plutôt 5% de logements d'utilité publique car nous ne pourrons pas passer de 4000 à 10'000 unités durant cette période", a expliqué le conseiller d'Etat Frédéric Mairy.
Oppositions à droite
Le groupe PLR-Le Centre et l'UDC se sont opposés à cette motion. "Si nous sommes en faveur d'une augmentation de l'offre de loyers abordables, nous ne souhaitons pas que cette évolution se fasse au détriment de la liberté du commerce, du droit de la propriété et des finances cantonales", a expliqué le PLR Alexandre Brodard.
"Nous sommes en faveur d'incitations mais pas d'automatismes contraignants", a ajouté l'UDC Evan Finger. Le parti a tenté d'amender la motion pour éviter que des quotas minimaux ne soient introduits.
Un amendement socialiste lui a été préféré. Selon celui-ci, dans les zones de pénurie et dans les localités où le prix du foncier ou des loyers est en hausse sur ces quinze dernières années, les projets constructifs d'une certaine envergure devraient comprendre une proportion minimale de logements d'utilité publique. Le Conseil d'Etat serait chargé de déterminer ce seuil.
La motion prévoit également une priorisation des maîtres d’ouvrage d’utilité publique comme acheteurs lors de la vente ou du transfert de propriété de biens immobiliers appartenant à une entité publique d’immeubles.