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Neuchâtel: contrat-formation pousse le taux de dualisation vers 85%

Neuchâtel: contrat-formation pousse le taux de dualisation vers 85%

Formation - NE

Neuchâtel est en passe de réaliser son objectif d'atteindre un taux de dualisation de 85%, soit la moyenne suisse. Le contrat-formation a contribué à une hausse "significative" du nombre d'apprentis depuis 2020. C'est un enjeu majeur pour la compétitivité du canton.

La présidente du Conseil d'Etat Crystel Graf a dressé mercredi un bilan "très positif" après cinq ans du dispositif. En 2016, seuls 69,1% des jeunes effectuaient leur formation professionnelle initiale en mode dual. En 2025, le taux a atteint 81,9%, s'est réjouie la cheffe du Département de la formation et des finances.

Neuchâtel fait désormais figure de deuxième canton romand dans la dualisation, derrière Fribourg. "Et notre contrat-formation, unique, est envié par d'autres cantons", a ajouté Crystel Graf. L'avancée reflète les actions menées par les partenaires de la formation pour améliorer son "image négative": démarchage et promotion.

Marché résilient

Il y a aussi le soutien des délégués professionnels pour "coacher" les nouvelles entreprises formatrices, qui permet de renforcer directement la qualité de la formation à la pratique professionnelle attendue dans les entreprises du canton. Au-delà, le mode dual reste le plus prisé outre-Sarine, a contextualisé Crystel Graf.

Entre 2020 et 2024, le fonds en faveur de l’apprentissage a redistribué 94,8 millions de francs aux entreprises formatrices, a relevé Crystel Graf. Il a encore financé la formation pratique en école professionnelle à hauteur de 91,7 millions. Le prélèvement sur la masse salariale des entreprises se situe actuellement à 0,507%.

"C'est un marché très résilient, malgré les crises", a noté pour sa part Laurence Knoepfler Chevalley, cheffe du Service des formations postobligatoires et de l'orientation (SFPO). "Mais il faut préserver l'engagement des entreprises, chaque place correspondant à un projet pour un jeune, pour lui et son environnement professionnel et privé".

Défis importants

"Les derniers pas sont souvent les plus difficiles", a tempéré Laurence Knoepfler Chevalley, en référence à l'objectif de 85% ambitionné. La mise en oeuvre de l’initiative sur les soins infirmiers, notamment via l’offensive de formation, constitue déjà "une opportunité pour créer de nouvelles places dans la santé".

Par ailleurs, des dispositifs "innovants et flexibles" destinés à des métiers spécifiques de l’industrie et de l’informatique devraient également soutenir l’augmentation du nombre de places d’apprentissage proposées ces prochaines années. Les arts appliqués figurent aussi dans le viseur, selon le rapport ad hoc.

Enfin, la maturité professionnelle post-CFC (MP2) deviendra plus attrayante sous peu. Des réflexions sont menées pour faciliter l’accès aux cours préparant à la MP2, tant pour les apprentis que pour les personnes déjà engagées en emploi. Le tout en sachant que Neuchâtel affiche le taux le plus bas de places non repourvues.

Mesure emblématique

Initié en 2020, le contrat-formation constitue l’une des mesures emblématiques instaurées pour renforcer l’apprentissage dans le canton. Financé par un fonds alimenté par un prélèvement auprès des employeurs neuchâtelois, il permet le versement d’une prime annuelle moyenne de 5000 francs aux entreprises qui forment des apprentis.

La contribution des employeurs, 190 millions en cinq ans, s’inscrit dans l’accord global de 2019, conclu entre acteurs économiques et Conseil d’Etat, dans le contexte d’une baisse de la fiscalité des personnes morales. Depuis, le dispositif contribue très largement au maintien et au développement des places d’apprentissage.

ATS