Washington accuse Pékin de tests nucléaires cachés après New Start
New Start: Washington charge Pékin à Genève
Les Etats-Unis accusent la Chine d'avoir mené, notamment en 2020, des tests nucléaires cachés. Vendredi à Genève, ils ont plaidé pour un dialogue multilatéral, après la fin de New Start. Celui-ci ne sera ni "rapide" ni "facile".
Le dispositif nucléaire chinois "n'a pas de limite, pas de transparence, pas de déclaration, pas de contrôle", a affirmé devant la Conférence du désarmement (CD) le sous-secrétaire d'Etat américain au désarmement Thomas DiNanno. Selon les estimations américaines, il pourrait dépasser le millier de têtes nucléaires en 2030, le double de la situation actuelle.
Le sous-secrétaire américain a accusé Pékin d'avoir mené plusieurs tests cachés, des explosions et des préparations pour un rendement de "centaines de tonnes". Notamment en juin 2020. Le président Donald Trump, qui souhaite un accord "amélioré" et "modernisé", a répété à de nombreuses reprises vouloir associer la Chine à de futures négociations, mais Pékin estime être loin d'approcher le volume des armes nucléaires.
Légalement pas possible
"Les Etats-Unis continuent d'exagérer la menace nucléaire de la Chine", lui a rétorqué l'ambassadeur chinois auprès de la CD, répétant cette position. Il estime que son pays a toujours fait preuve de "retenue" et demande à Washington "d'arrêter ses accusations sans preuves".
Pékin promet de ne pas recourir en premier à une arme nucléaire et estime que les négociations doivent être "raisonnables" pour garantir la sécurité de tous. L'ambassadeur a appelé les Etats-Unis à s'engager, comme la Russie, à une retenue malgré l'expiration du traité et à relancer un dialogue militaire plus général avec Moscou.
Selon M. DiNanno, les Etats-Unis ne pouvaient honorer leurs engagements de protéger leur population et leurs alliés avec New Start. Ils "font face à des menaces de multiples puissances nucléaires", a-t-il affirmé, excluant une seule discussion avec Moscou.
Approche "responsable" des deux pays
Il a aussi expliqué vendredi qu'une nouvelle extension de cinq ans était juridiquement impossible. "Même si elle avait été possible, elle n'aurait pas été profitable aux Etats-Unis et au monde", a-t-il dit. "C'est la fin d'une période pour le contrôle des armements. C'est la fin de la retenue unilatérale des Etats-Unis", a-t-il insisté.
A Moscou, le Kremlin a affirmé vendredi que les Etats-Unis et la Russie étaient d'accord pour conserver une approche "responsable" après des pourparlers à Abou Dhabi. Mais, en cas de format élargi, il souhaite que Paris et Londres, alliés des Etats-Unis, y participent également, a affirmé le responsable russe devant la CD à Genève.
New Start était le dernier traité de limitation des armes nucléaires entre les deux pays. Pendant son premier mandat, Donald Trump avait déjà mis un terme aux accords sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI). Moscou a admis de son côté que la Russie n'appliquait plus "New Start" depuis 2023, blâmant à nouveau l'administration de l'ex-président américain Joe Biden pour des violations.