Nouveau réseau romand : pactes pour éloigner les enfants du numérique
Enfants et smartphones: réseau romand lancé
Un nouveau réseau romand veut limiter l'exposition des enfants aux smartphones et au "tout numérique". Lancé lundi à Genève, il a dévoilé deux pactes pour les parents des moins de 6 ans et des moins de 15 ans. Et il demande aux responsables politiques de légiférer.
"Il ne faut pas laisser les parents seuls avec cette question de santé publique", a affirmé à la presse une responsable de la branche genevoise de l'association "Réfléchissons à l'usage du numérique et des écrans" (RUNE). Avec des entités similaires à Neuchâtel et Fribourg, elle a dévoilé le nouveau réseau "Jouons, observons, sortons des écrans".
L'objectif affiché est d'associer 200 à 300 familles dans chacun de ces cantons aux deux pactes lancés lundi et qui figurent seulement sur le site Internet de la nouvelle entité. Dans le premier, les parents s'engagent à éloigner totalement les moins de 4 ans des écrans et de limiter leur utilisation avant 6 ans.
Une physiothérapeute qui prend en charge des bébés et des jeunes avec des retards moteurs fait le lien entre exposition aux écrans et difficultés de motricité et de dialoguer. Dans la plupart des cas, la télévision ou un autre écran est allumé quand elle arrive dans les familles pour les consultations, dit-elle. Lorsque les parents acceptent d'"éteindre" ces appareils, "la situation rentre très rapidement dans l'ordre", insiste-t-elle.
Selon une étude nationale de 2022, 6,8% des plus de 15 ans sont confrontés à une utilisation problématique d'Internet. Le nouveau réseau veut oeuvrer avant et recommande dans son second pacte de bannir les smartphones avant cet âge et de limiter les écrans aux zones communes du domicile. Seul un téléphone permettant d'appeler ou d'envoyer des messages pourrait être donné aux jeunes.
Au-delà des réseaux sociaux
Les associations genevoise et neuchâteloise sont même favorables à une interdiction légale de vendre des smartphones aux moins de 15 ans et de tout écran pour les moins de 4 ans. Et la responsable genevoise de plaider également pour une éducation publique sans tablette.
L'Espagne avait été la première à lancer un réseau similaire en 2023. Il en existe un en Suisse alémanique, mais ciblé seulement sur les adolescents. Récemment, l'Australie a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans et plusieurs pays européens réfléchissent à des dispositifs similaires.
"Cela va au-delà" de ces plateformes, insiste la responsable genevoise. Les jeunes sont de plus en plus exposés à du contenu violent ou pornographique, selon elle. Outre les trois premiers cantons, des contacts sont menés avec Vaud, tous les cantons romands étant ciblés, pour élargir le collectif.