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Nuit des Molières : Laurent Lafitte et Muriel Robin récompensés

Nuit des Molières : Laurent Lafitte et Muriel Robin récompensés

Nuit des Molières: Laffite et Robin honorés

Une pièce sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972 contre l'avortement, la comédie musicale "La Cage aux folles" et l'actrice Muriel Robin ont dominé la 37e Nuit des Molières lundi à Paris.

"Le procès d'une vie", de Barbara Lamballais et Karina Testa, est la pièce qui a remporté le plus de statuettes - dans trois catégories dont le Molière du Théâtre privé - lors de ce rendez-vous annuel récompensant les personnalités du monde du théâtre, présenté par l'humoriste Alex Vizorek et retransmis en différé sur France 2.

Elle raconte l'histoire vraie de jeunes femmes inculpées pour un avortement clandestin, défendues par l'avocate Gisèle Halimi, un combat qui a fait l'objet d'une ovation debout du public du théâtre des Folies Bergère, à la demande de la troupe du spectacle montée sur scène.

La cérémonie a démarré en trombe par un numéro de claquettes de huit "cagelles" en bas résilles et perruques blondes de "La Cage aux Folles", comédie musicale à succès sorti en décembre mis en scène par Olivier Py au Châtelet.

Ce spectacle est reparti avec deux prix, le Molière du spectacle musical et le Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public pour l'acteur Laurent Lafitte, qui joue le rôle de "Zaza". Une récompense supplémentaire pour celui qui au cinéma, a été sacré, en février, du César du meilleur acteur pour son rôle inspiré du photographe François-Marie Banier dans le film "La femme la plus riche du monde".

Trois spectacles ou membres de la Comédie-Française obtiennent une récompense: Elsa Lepoivre, meilleure comédienne dans un spectacle de Théâtre public ("Hécube, pas Hécube" de Tiago Rodrigues), meilleure pièce jeune public pour "Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit" de Johanna Boyé et Elisabeth Ventura, et Laurent Stocker, meilleur comédien dans un second rôle ("Les femmes savantes" d'Emma Dante d'après Molière).

Côté humour, c'est "Sexe, Grog, et Rocking Chair", de et par Alex Lutz, qui a été lauréat d'une statuette.

Parodie de la commission Alloncle

En recevant un Molière d'honneur - le premier de sa carrière - l'actrice et humoriste Muriel Robin, très émue, a réclamé au ministre de la Justice Gérald Darmanin de renoncer au texte de loi réformant la justice criminelle et approuvant notamment un dispositif de "plaider-coupable" pour les infractions les plus graves, ouvrant la voie à des délais accélérés et à des peines encourues réduites.

"Un viol, ça se négocie pas, ça se juge !", a-t-elle lancé. "Je vous demande (...) d'être à la hauteur de ce fléau et de ne pas infliger aux victimes cette seconde peine".

La cérémonie n'a pas manqué d'autres clins d'oeil politiques. Un sketch préalablement réalisé a parodié la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public présidée par Jérémie Patrier-Leitus et dont le rapporteur (UDR, parti proche du RN) Charles Alloncle est accusé par la gauche et le bloc central de vouloir affaiblir France télévisions et Radio France.

Alex Vizorek y campe un président des Molières auditionné par un rapporteur (Laurent Stocker) aux questions plus qu'insistantes sur le coût de l'événement, de son costume, jusqu'à ses sous-vêtements...

Plusieurs artistes récompensés ont, sur le plateau, demandé à la ministre de la Culture Catherine Pégard, présente dans les premiers rangs, de "protéger" le secteur du spectacle vivant. Anne Bouvier, présidente de l'Adami (société de services aux artistes-interprètes), a mis en garde ceux qui "voudraient limiter (la culture, ndlr) à la pierre et au patrimoine". "Notre patrimoine premier c'est nous, ne l'oublions pas.", a-t-elle lancé.

En revanche, la cérémonie n'a pas cette année laissé la parole à un représentant de la CGT spectacle.

Le syndicat s'en est indigné dans un communiqué, accusant la production de vouloir "faire taire" les professionnels alors que le secteur "subit des coupes budgétaires", "depuis deux années".

La metteuse en scène franco-iranienne Aïla Navidi a rappelé la situation des Iraniens ces dernières semaines, notamment depuis le début de la guerre engagée fin février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique. "Nous (en France), nous avons encore la liberté, (...) elle nous appelle à nous tenir auprès des peuples", a-t-elle lancé.

ATS