Parc éolien de la Haute Borne : avis des habitants pris en compte
Energie
Le Gouvernement jurassien veut accorder une attention particulière à la transparence de la procédure dans le cadre du projet de parc éolien de la Haute Borne, au-dessus de Delémont, indique-t-il en réponse à une question écrite. Les habitants des communes les plus concernées par le projet pourront faire valoir leurs intérêts et partager leurs craintes lors de tables rondes.
Le projet de parc éolien de la Haute Borne, qui doit s'étendre sur les communes jurassiennes de Delémont, Develier, Bourrignon et Pleigne, ne fait pas l'unanimité. Dans une question écrite, le député Pierre-André Comte (PS) a demandé quelles "mesures démocratiques" s'appliquaient, notamment pour les opposants.
Dans sa réponse publiée vendredi, l'exécutif rappelle tout d'abord que la planification de ce parc éolien "s'inscrit pleinement dans le respect de l'ordre démocratique et institutionnel". La population suisse a accepté en mai 2017 à 58% une loi sur l'énergie obligeant les cantons à planifier l'énergie éolienne. Le Jura avait dit oui à 63%, mais la commune de Mettembert avait refusé à 68%.
De plus, le Parlement jurassien a "mené des débats très approfondis et arrêté des décisions claires" au sujet de l'éolien. Celles-ci n'ont pas été combattues par référendum. Le législatif a notamment décidé que la planification des parcs éoliens devait se faire via un plan spécial cantonal.
Pesée d'intérêts nécessaire
Malgré cela, le projet de la Haute Borne "devra encore faire l'objet d'une pesée complète des intérêts" entre la nécessité de produire de l'énergie, les études environnementales, paysagères et techniques ainsi que les avis exprimés par les communes, les habitants et les groupes d'intérêts".
Comme cela avait été annoncé le mois dernier, quatre tables rondes organisées en septembre et en octobre seront destinées aux habitants des quatre communes directement concernées, mais aussi à ceux de Movelier et de Mettembert.
"Vue d'ensemble"
Cette démarche participative, qui ne s'inscrit pas dans un processus décisionnel, sera menée par un bureau indépendant et spécialisé. Celui-ci effectuera un rapport à l'issue des discussions. Le porteur du projet et les autorités cantonales se baseront sur ce document pour la suite des opérations. Le Gouvernement prendra alors position, lorsqu'il aura "une vue d'ensemble des enjeux", sur les avis formulés par les personnes concernées.
Les opposants pourront également faire valoir leurs intérêts plus tard, lors de la consultation publique et du dépôt public du plan d'affectation cantonal.
L'exécutif rappelle enfin que "beaucoup de constructions sont réalisées sans que les habitants ne disposent d'un pouvoir décisionnel", comme les installations électriques ou les infrastructures ferroviaires.