Musée Jenisch : Wittwer et Cordier, perceptions du réel et paysages
Expositions à Vevey
Le Musée Jenisch à Vevey consacre dès vendredi une exposition à l'artiste zurichois Uwe Wittwer, bien connu en Suisse alémanique et à l'international. En parallèle, le Cabinet cantonal des estampes dévoile l'univers graphique singulier de Frédéric Cordier, jeune artiste helvético-canadien installé à Lausanne.
"Avant que le verre ne cède" est la première exposition monographique en Suisse romande consacrée à l’artiste contemporain Uwe Wittwer (*1954). L’accrochage présente des aquarelles monumentales tout en mettant en avant certaines séries emblématiques comme "Widerschein (reflet)" ou "Die Schwarze Sonne after Antonioni".
Figure majeure de l'art suisse contemporain, mais encore peu connu en Suisse romande, Uwe Wittwer questionne notre manière de percevoir le réel et de se remémorer. L'exposition, qui occupe six salles, met en avant les thématiques centrales de son oeuvre depuis 20 ans.
Le parcours se déploie en deux sections. La première s'intéresse aux événements violents de l'Histoire - comme le colonialisme et la guerre - et à leurs intersections avec des récits intimes. La seconde section se concentre sur notre rapport à l'histoire de l'art et à la fragilité des vestiges patrimoniaux, décrit le musée.
L'exposition, visible jusqu'au 9 août, s'accompagne d'une première publication bilingue (français/anglais) sur le travail d'Uwe Wittwer. Quatre estampes inédites réalisées par l'artiste ont été tirées pour l'occasion et seront en vente à la boutique du musée.
Frédéric Cordier à l'honneur
Le Cabinet cantonal des estampes, sis au Musée Jenisch, s'intéresse pour sa part au travail de Frédéric Cordier (*1985). Cette première exposition monographique au sein d'une institution muséale met à l'honneur des "Panoramas", des estampes monumentales qui donnent à voir des paysages imaginaires marqués par l'empreinte humaine.
Le jeune artiste explore les transformations du paysage: il puise en partie son inspiration dans l'observation des usines désaffectées qu'il envisage comme des sortes de ruines modernes. Il réalise ses dessins à l'ordinateur, mais grave ses plaques de linoléum à la main, ancrant ainsi son geste dans la tradition ancienne de la taille d'épargne, explique le musée. A voir jusqu'au 16 août.