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Politique

Cracovie sous le choc après une fusillade meurtrière en Pologne

Cracovie sous le choc après une fusillade meurtrière en Pologne

Cracovie en deuil après la fusillade

La Pologne observe deux jours de deuil national après la fusillade qui a fait six morts et quinze blessés samedi à Cracovie. Le tireur est aussi soupçonné d'avoir tué trois membres de sa famille. Le parquet a ouvert une enquête pour terrorisme.

Drapeaux en berne, bougies et commerces fermés: dimanche, la place du marché de Cracovie, au cœur de la vieille ville, restait interdite au public. Des habitants ont tenté en vain de franchir les barrages policiers pour déposer des bougies sur les lieux du drame.

"Je suis effondrée. Notre ville ne sera jamais plus la même après ce qui est arrivé hier", a confié à l'AFP Weronika Filar, une employée de 27 ans. "C'est un des endroits les plus sûrs au monde", a-t-elle ajouté.

Les enquêteurs ont poursuivi leurs investigations dimanche, à la recherche d'indices et de témoignages. Le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête pour un acte à "caractère terroriste".

Trois membres de sa famille retrouvés morts

Le bilan pourrait atteindre neuf morts après la découverte de trois corps au domicile familial du tireur, à Ostrowiec Swietokrzyski, à environ deux heures de route de Cracovie. Il s'agit de ses parents, âgés de 53 et 52 ans, et de sa sœur de 21 ans, tous atteints par balles, selon la police.

Identifié par la presse polonaise comme Michal O., le suspect est né en 2002. Il vivait avec sa famille et appartenait, comme son père, à un club de tir. Selon les enquêteurs cités par les médias locaux, il n'avait pas d'antécédents judiciaires.

Le ministre de l'Intérieur, Marcin Kierwinski, a évoqué dès samedi soir la piste d'une radicalisation ultranationaliste. "Tout indique qu'il était fasciné par des idéologies d'extrême droite", a-t-il déclaré.

Une fusillade en plein centre touristique

Samedi vers 15h00, l'assaillant a ouvert le feu sur des passants près de la place du marché, fréquentée par les touristes. Il a pris pour cibles des piétons, des chauffeurs de taxi et des cochers des calèches qui parcourent le centre historique.

La police est intervenue en quelques minutes et a poursuivi le suspect, qui circulait à bord d'une Subaru noire. Après avoir percuté une voiture à une intersection, l'homme, vêtu d'une tenue militaire et équipé d'un casque, d'un masque et d'un gilet tactique, a échangé des tirs avec deux policiers.

Armé d'un fusil semi-automatique de type AR-15, il a blessé les deux agents. L'un d'eux est parvenu à le neutraliser malgré ses blessures. Opéré, le tireur se trouvait toujours dans un état critique dimanche matin.

Parmi les six victimes décédées figurent un Britannique et une femme dont la nationalité n'a pas été établie. Les quinze blessés comprennent dix Polonais, dont les deux policiers, ainsi que cinq ressortissants britanniques, portugais, russe, allemand et autrichien.

L'état des blessés s'est légèrement amélioré pendant la nuit, selon une porte-parole de la police citée par les médias polonais. Tous ne sont cependant pas encore hors de danger.

Un pays peu habitué à de telles violences

La tuerie a profondément ébranlé la Pologne, où les massacres de civils de cette ampleur sont extrêmement rares. Le pays de 38 millions d'habitants, voisin de l'Ukraine en guerre, n'avait pas connu une telle attaque depuis la fin du régime communiste en 1989.

"Depuis une bonne décennie, on parle de la menace terroriste extérieure. Or, le terrorisme a frappé la Pologne de l'intérieur", a écrit dimanche le quotidien Gazeta Wyborcza.

En signe de deuil, la sonnerie traditionnelle du clairon, jouée chaque heure depuis le clocher de l'église Sainte-Marie de Cracovie, a été suspendue samedi soir. Selon l'AFP, cette interruption est une première depuis 1939.

Deux jours de deuil national ont été décrétés pour dimanche et lundi. Les drapeaux ont été mis en berne et les stations de radio ont modifié leurs programmes.

ATS