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Politique

Salaire minimum en Valais : la droite et l'économie disent non

Salaire minimum en Valais : la droite et l'économie disent non

Votations - VS

Le 29 novembre, la population valaisanne est appelée aux urnes pour dire si elle accepte ou non l'introduction d'un salaire minimum cantonal fixé à 22 francs/heure (à 18 frs/heure pour l'agriculture). Lundi, les partis de droite et plusieurs associations professionnelles ont fourbi leurs arguments contre la proposition des syndicats et de la gauche.

"Toutes les branches de l'économie valaisanne font front uni contre le salaire minimum", a résumé, lundi lors d'une conférence de presse à Vétroz, le président du comité opposé au texte soumis en votation, Mathias Delaloye.

Pour le président de la chambre valaisanne d'agriculture, la proposition "met concrètement en danger les emplois. On pourrait craindre qu'en cas de oui, on ne crée pas des planchers, mais des plafonds. L'introduction d'un salaire minimal serait un piège pour les apprentis, qui seraient poussés à arrêter leur formation, afin de gagner plus vite et davantage (ndlr: mais potentiellement avec des perspectives moindres sur le moyen et le long terme)."

"Pas le remède miracle"

Mathias Delaloye a également mis en exergue la volonté de créer deux rémunérations minimales et non une seule, une exception étant prévue pour l'agriculture (18 frs/heure contre 22 frs pour les autres corps de métiers). Une preuve, selon lui, de l'incohérence de la proposition soumise aux urnes: "c'est à l'économie et non à l'Etat de fixer les salaires."

Pour Caroline Melly-Basili (Le Centre du Valais romand), "la proposition faite n'est pas le remède miracle que l'on prétend."

"Un partenariat social fort"

Président du PLR cantonal, Vincent Pravato a rappelé l'importance d'investir dans la formation professionnelle, notamment continue et pour les entreprises, d'investir et d'innover. Le libéral-radical a également défendu l'importance "d'un partenariat social fort."

D'accord avec son collègue de droite, Julien Besson (UDCVR) a tenu à rappeler "qu'une convention collective de travail (CCT) ne doit pas rester un simple document. Elle doit s'accompagner de sanctions, si besoin."

"Les réalités du terrain"

Parmi les représentants des faîtières de l'économie valaisanne, François Jud (Union commerciale valaisanne, UCOVA) a mis en exergue la difficulté que représenterait une uniformisation des pratiques. Et de rappeler les réalités de nombreux salariés travaillant en région de montagnes, notamment dans le tourisme.

"Nous ne sommes pas contre une augmentation des salaires, mais il faut en effet tenir compte de la saisonnalité, des week-ends et des personnes désireuses de travailler à temps partiel", a conclu Florian Piasenta, au nom de Gastrovalais.

Parlement à 74% défavorable

Le 6 mai dernier, le Grand Conseil s’était massivement prononcé contre l’initiative par 93 voix contre 33, suivant l'avis du Conseil d'Etat.

En septembre 2022, le comité d'initiative formé des partis de gauche et de plusieurs syndicats avait déposé 5068 signatures valables, soit bien plus que les 3000 nécessaires.

ATS