Séisme au Venezuela : 235 morts, recherches pour retrouver les disparus
Le bilan des morts passe à 235 au Venezuela
Les recherches se poursuivaient jeudi soir au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir des personnes, au lendemain d'un double séisme extrêmement puissant. La catastrophe a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.
"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre vénézuélien de la santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat. Il n'a pas précisé le nombre de blessés, que les autorités avaient auparavant chiffré à 1520.
Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.
La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.
Aide internationale
L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.
Une équipe suisse de secours, composée de 80 membres, de huit chiens de recherche et de 18 tonnes de matériel humanitaire, devait s'envoler de Zurich dans la nuit de jeudi à vendredi pour le Venezuela. Leur arrivée à Caracas est prévue vers 10h00 locales (16h00 en Suisse).
Le Brésil, dont deux ressortissants ont trouvé la mort lors du séisme, selon Brasilia, a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux autres pays européens et latino-américains et même l'Iran, un allié traditionnel de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.
Des pillages
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18h04.
D'après les données du service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.
La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.
Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.
Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Ça tremble"
Des coupures d'électricité ont été signalées et le ministre de l'intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".
Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.
"Ça tremble. Ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.
"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher.
Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.