Ben Shelton voit une grande marge de progression après sa finale à New York
Bâle: Shelton en veut plus
Ben Shelton a disputé début septembre à New York sa première finale de Grand Chelem. Mais l'Américain de 24 ans ne se contente pas de ce coup d'éclat.
"Tout ce que je vois en moi pour l’instant, c'est une grande marge de progression", lâche Ben Shelton en marge des Swiss Indoors, dont il est la tête de série no 1. Sacré pour la deuxième année consécutive dans le Masters 1000 canadien cet été, l'Américain a encore franchi un cap en se hissant en finale à Flushing Meadows. Mais le 4e joueur mondial n'en fait pas tout un plat: "J’ai toujours eu des attentes très élevées, et je pense qu’un seul résultat ne change rien à cela."
Le gaucher veut "simplement exploiter pleinement mon potentiel, devenir la meilleure version de moi-même. Rien ne change de ce côté-là après cette finale à New York", souligne-t-il. Même si "c'était une expérience incroyable, les deux semaines les plus agréables que j’ai jamais passées dans un tournoi de toute ma vie."
"Un pas dans la bonne direction"
Ben Shelton préfère se projeter vers l'avenir. "Je suis vraiment très impatient de disputer les tournois du Grand Chelem prévus l’année prochaine", enchaîne-t-il. Cette première finale majeure constitue avant tout "une source de motivation, un pas dans la bonne direction. Et cela reste une déception de ne pas avoir réussi à m’imposer en finale, ni à jouer comme je l’aurais voulu."
Perfectionniste, Ben Shelton ne retient évidemment pas que les points positifs de sa saison. Il regrette son manque de régularité: "Cette année a encore été de véritables montagnes russes, avec beaucoup de hauts et de bas, et de nombreuses périodes où j’ai joué très mal ou en dessous du niveau que je vise."
Le natif d'Atlanta, qui s'est confié aux médias dimanche, estime "qu’il y a encore beaucoup à améliorer pour l’année prochaine. J'ai été éliminé au 1er (Wimbledon) et au 2e tour (Roland-Garros) lors de deux tournois du Grand Chelem, et ai été battu souvent d'entrée en Masters 1000. Tout ce que je vois en moi pour l’instant, c'est une grande marge de progression."
Mais "il y a eu quelques semaines où j’ai vraiment bien joué. C'est grâce à cela que j’ai remporté autant de titres cette année (quatre au total) et obtenu de bons résultats dans de grands tournois", concède celui qui avait aussi atteint les quarts de finale de l'Open d'Australie en janvier.
"Ce qu'il faut dire ou ne pas dire"
"A l’aube de mes 25 ans, je pense cependant qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire", martèle Ben Shelton, qui peut compter sur le soutien d'un coach pas comme les autres: son père Bryan (60 ans), ex-joueur qui avait grimpé jusqu'à la 55e place du classement ATP au début des années 90.
Il n'y a toutefois pas de secret à cette association fructueuse. "Je pense simplement que nous nous respectons beaucoup l’un l’autre. Je trouve évidemment que c’est un excellent entraîneur. C'était aussi un bon joueur. Je respecte donc ses connaissances en matière de tennis", précise-t-il.
"Il sait comment travailler avec moi, ce qu’il faut dire ou ne pas dire à certains moments, comment me motiver. Evidemment, nous avons connu un superbe parcours ensemble. Un parcours couronné de succès, et nous avons de grandes ambitions, mais nous travaillons tous les deux dur pour atteindre exactement le même objectif, et je pense que c’est pour cela que ça fonctionne si bien", poursuit-il.
Ben Shelton et son coach de père ne négligent en tout cas aucun aspect dans leur façon de travailler. "On analyse les matches, la façon dont je me mesure à certains joueurs, la manière dont ceux-ci peuvent mettre en évidence certaines faiblesses de mon jeu ou trouver des moyens de me battre", explique-t-il.
"On analyse aussi ce que les statistiques et les données révèlent sur les domaines qui ne sont pas encore au niveau que je souhaite atteindre. Et ensuite, dans l'ensemble, la façon dont je vois mon jeu progresser, le type de joueur que je veux devenir, comment être le plus efficace possible face aux meilleurs joueurs... Je pense que c’est un travail global", détaille l'Américain.
Wawrinka ? "Une légende"
Opposé à un "lucky loser", son compatriote Aleksandar Kovacevic, au 1er tour à Bâle, Ben Shelton ne se fixe pas d'objectif précis pour ces Swiss Indoors. "Il faut prendre les matches les uns après les autres. C'est un tournoi et une surface sur lesquels je joue bien", concède-t-il toutefois.
Il y avait en effet atteint la finale il y a deux ans, s'inclinant face à Giovanni Mpetshi Perricard. "Je pense que c’est l’un des meilleurs tournois ATP 500. Le public est vraiment génial. L'ambiance est géniale: le court est bien éclairé et entouré d’obscurité, je trouve ça cool et unique", explique-t-il.
Ben Shelton, qui avait éliminé Stan Wawrinka sur la route menant à la finale en 2024, ne tarissait par ailleurs pas d'éloges concernant le futur retraité vaudois. "C'est une véritable légende de notre sport. Quand j'étais gamin, je me levais à 5 heures du matin en Floride pour regarder l’Open d’Australie, et je le voyais disputer des matches épiques", raconte-t-il.
"C’est génial de le voir encore capable de produire un tennis de haut niveau. Cette année, même à plus de 40 ans, il continue de travailler dur, il est toujours sur le court d’entraînement, il se donne à fond. A l'Open d’Australie il a été exceptionnel, il a livré un superbe match contre Taylor (Fritz) et a réalisé un beau parcours (3e tour), c'était un plaisir à voir", conclut-il.