Bienne: soutien de quartier pour prévenir la violence domestique
Violence domestique
La Ville de Bienne lancera au printemps un projet pour lutter contre la violence domestique qui repose sur la cohésion sociale et le contrôle social dans le voisinage. Ce projet baptisé "De porte à porte" entend sensibiliser la population à ce fléau et l'encourager à ouvrir les yeux et à aider les victimes.
En 2024, la police cantonale bernoise a enregistré 1975 infractions liées à la violence domestique, soit une augmentation de 14% par rapport à l'année précédente. Mais de nombreux cas échappent aux statistiques, la violence dans la sphère privée restant souvent invisible et la victime ne déposant pas toujours plainte.
"Nous devons intervenir à notre niveau", a estimé la directrice de l'action sociale et de la sécurité Natasha Pittet en présentant mardi ce projet qui repose sur une approche du travail social communautaire pour lutter contre la violence domestique. L'expérience se déroulera de ce printemps jusqu'à l'automne 2028 dans le quartier de Mâche.
Dans le cadre de ce projet, les autorités communales sensibiliseront la population. Elles formeront des personnes-clés qui connaissent bien leur quartier, comme des membres des conseils de parents, des membres d'associations sportives ou même des concierges, qui seront des interlocuteurs de confiance pour les victimes qui doivent se sentir soutenues dans leur voisinage.
Réseau dans le quartier
Le travail communautaire contribue à prévenir la violence domestique et permet de créer un réseau contre la violence domestique dans le quartier, a expliqué la directrice de la formation, de la culture et du sport Anna Tanner. Ce projet doit inciter la population à faire preuve de courage civique et à aider les victimes.
L’InfoQuartier Mâche jouera un rôle central dans la mise en oeuvre du projet soutenu par deux directions de la ville et par Solidarité femmes, car c'est un lieu de rencontre et de participation. "Nous voulons atteindre la population là où elle se trouve", a souligné Natasha Pittet, estimant qu'un projet théorique n'aurait pas d'impact dans le terrain.
Le Conseil municipal a octroyé un crédit de près de 400'000 francs pour ce programme qui pourrait être étendu à d'autres quartiers. Pour les autorités, il faut que les gens sachent que ce projet existe et oser parler et dénoncer les violences.