Stratégie eau du canton de Berne : le conseil-exécutif doit la revoir
Grand Conseil BE
Le Grand Conseil n'est pas satisfait de la nouvelle Stratégie eau du canton de Berne. Il l'a rejetée mardi, demandant au Conseil-exécutif d'y amener plusieurs ajustements.
Le législatif a notamment demandé que le document prenne plus en compte la sécurité alimentaire et la sécurité de l'approvisionnement en énergie hydroélectrique. Il a également insisté pour que la stratégie soit mise en oeuvre sans utiliser davantage de personnel ou de ressources financières.
Cinq demandes de renvoi étaient à l'étude. Le Grand Conseil les a toutes acceptées. La Commission des infrastructures et de l'aménagement du territoire avait demandé à l'unanimité, en mai dernier, d'accepter cette stratégie. Pourtant, la moitié des députés ayant signé les demandes de renvoi provenaient de cette commission, ce qui a irrité la gauche.
La Stratégie eau 2040 du canton de Berne définit la gestion de cette ressource en tenant compte du changement climatique et de la demande croissante. Le Conseil-exécutif doit désormais la réviser.
Malgré son refus, le Grand Conseil a salué l'importance de se doter d'une Stratégie eau. "Elle présente une bonne vision d'ensemble", a souligné Romeo Arnold (PVL). Une mise à jour de la stratégie actuelle est absolument urgente, a embrayé Jan Remund (Vert-e-s). "Notre château d'eau s'assèche et la glace éternelle fond".
"Manque de vision"
Le PEV s'est dit satisfait de la stratégie, mais a critiqué le fait qu'elle ne constitue pas la meilleure réponse sur tous les points. "On dirait qu'elle a été rédigée sous la pression des majorités politiques", a estimé Tabea Bossard-Jenni.
Le changement climatique est une source de préoccupation, a de son côté déclaré Alfons Bichsel (Centre). "Cette stratégie manque de vision", a-t-il toutefois déploré. "Nous devons travailler ensemble", a souligné Manuel C. Widmer (Vert-e-s), reprochant à ceux qui s'opposaient à la stratégie de défendre des intérêts privés.
Parmi ces opposants, Hans Schori (UDC) a défendu les demandes de renvoi. Selon lui, la stratégie est bonne, mais il faut mettre les différents intérêts en équilibre de manière égale. Or, ce n'est pas encore le cas, a-t-il dit. "Nous devons peaufiner le document, même si cela signifie que nous perdons une année".
"La réalité ne nous attendra pas"
De son côté, la conseillère d'Etat Evi Allemann (PS) a défendu une stratégie "bien équilibrée". "Nous avons établi des priorités." Si, au final, tous les partis sont "modérément satisfaits", cela signifie que les différents intérêts ont été bien conciliés, a-t-elle relevé. "Cette stratégie n'est pas un luxe. La réalité ne nous attendra pas", a-t-elle insisté. En vain.
La Stratégie eau présentée par le Grand Conseil mettait l'accent sur la résilience climatique, la protection contre la pollution et la réduction des polluants. De plus, la nouvelle règlementation garantissait l'approvisionnement en eau potable et prenait en compte la demande croissante. Le texte doit remplacer la stratégie datant de 2010.
Le coeur de cette stratégie "réside dans une vision à long terme articulée autour de trois axes: préserver le cycle de l'eau, promouvoir la biodiversité et faciliter l'utilisation de l'eau, a détaillé le porte-parole de la commission Simon Buri (PVL) en ouverture des débats. "L'objectif est de garantir à long terme l'accès à l'eau, en tant que ressource vitale pour les populations et la nature à long terme".