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Jura : motion pour une concurrence loyale entre taxis et VTC refusée

Jura : motion pour une concurrence loyale entre taxis et VTC refusée

Parlement - JU

Le Parlement jurassien a refusé mercredi, par 38 non contre 21 oui, une motion demandant la mise en place d'un mécanisme qui permette de garantir une concurrence loyale entre les prestataires de voiture de transport avec chauffeur (VTC), comme Uber ou Bolt, et les chauffeurs de taxi traditionnels. Plusieurs partis avaient demandé sa transformation en postulat, mais la motionnaire, Jelica Aubry-Janketic (PS) s'y est opposée.

Le mécanisme, qui ne se serait pas nécessairement inscrit dans la loi, aurait permis de veiller à ce que les règles du marché soient les mêmes pour tous les acteurs, selon le texte de la motion. Cela devait comprendre une régulation des tarifs pour éviter le dumping tarifaire pouvant nuire à la pérennité des services de taxi classiques et à la rentabilité des concessions locales. La motion demandait enfin le respect des dispositions en vigueur, comme les lois sur le salaire minimum et sur les assurances sociales.

Plusieurs cantons, notamment Genève, ont déjà pris des mesures, a souligné Mme Aubry-Janketic. Uber a annoncé le 10 décembre 2025 son intention de s'implanter dans le Jura. Mais la plateforme américaine est encore très peu présente, ont souligné plusieurs intervenants à la tribune.

C'est le ministre de l'économie Stéphane Theurillat qui a proposé la transformation de la motion en postulat. Il a dit partager les préoccupations de la motionnaire. Mais "cela doit se régler au niveau national", a-t-il argumenté. Un groupe de travail a d'ailleurs été mis en place. Dans le Jura, les quelques chauffeurs Uber présents pratiquent des prix comparables à ceux des taxis traditionnels, a-t-il ajouté.

Proximité avec l'aéroport

"Toute règlementation future doit être proportionnée", a ajouté Sophie Guenot (PCSI), dont le parti a soutenu le postulat, mais pas la motion. Le Centre et l'UDC en ont fait de même. Marc-André Frésard (Centre) a expliqué que la proximité avec l'aéroport de Bâle-Mulhouse constituait un intérêt pour les chauffeurs Uber.

Quant au PLR, il ne soutenait qu'une partie de la motion et aurait souhaité qu'elle soit scindée, ce que Jelica Aubry-Janketic a également refusé.

Cette dernière a précisé qu'elle ne voulait pas entraver la liberté de commerce. Nous pouvons accueillir l'innovation et les nouvelles formes de mobilité tout en veillant à ce qu'elles ne nuisent pas aux acteurs qui respectent les règles, a-t-elle ajouté. Elle ne souhaitait pas fixer des prix, mais plutôt "encadrer des pratiques".

ATS