Troisième mobilisation contre Trump en moins d'un an aux États-Unis
Des millions de manifestants anti-Trump
"Police masquée qui sème la terreur", "guerre catastrophique", pratique "abusive" du pouvoir: des cortèges contre Donald Trump ont commencé à défiler samedi à travers les Etats-Unis. Des millions de manifestants étaient attendus, de New York jusqu'en Alaska.
C'est la troisième fois en moins d'un an que l'Amérique était appelée à descendre dans la rue par une coalition d'associations réunies autour du slogan "No Kings" (Pas de rois). Ce mouvement s'est affirmé comme le plus important fédérateur de contestation depuis le retour du milliardaire à la Maison Blanche.
La première mobilisation en juin 2025 - le jour des 79 ans du président américain et d'un défilé militaire à Washington - avait rassemblé plusieurs millions de personnes à travers le pays. Samedi, des milliers de personnes ont commencé à marcher à Atlanta, Boston ou Washington, la capitale, où plusieurs rassemblements étaient prévus dans la journée.
En Europe aussi
"Nous estimons que la Constitution est menacée de multiples façons. La situation n'est pas normale, pas acceptable. C'est pourquoi nous sommes ici, pour aider à garder les gens en sécurité et veiller à ce que leur voix soit entendue", a déclaré Marc McCaughey, un ancien combattant de 36 ans venu manifester à Atlanta.
De l'autre côté de l'Atlantique, des rassemblements No Kings ont également eu lieu à Rome, Amsterdam, Madrid ou Athènes. Environ 20'000 personnes ont défilé dans la capitale italienne, célébrant également la défaite du gouvernement d'extrême droite lundi lors d'un referendum sur la réforme de la justice.
"On ne veut pas d'un monde gouverné par des rois, des oligarchies, qui décident au-dessus de nous, combattent les peuples et se font la guerre entre eux" a assuré Andrea Nossa, un chercheur milanais de 29 ans, vêtu d'un t-shirt célébrant la Révolution française.
Un mois de guerre en Iran
A Washington, plusieurs manifestants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de guerre en Iran et des civils qui continuent de payer un lourd tribut à travers le Moyen-Orient.
"Depuis notre dernière manifestation, ce gouvernement nous a plongés davantage dans la guerre", dénonce Naveed Shah, responsable de Common Defense, une organisation d'anciens combattants membre de la coalition No Kings.
"Chez nous, nous avons vu des citoyens tués dans la rue par des forces militarisées. Nous avons vu des familles déchirées et des communautés d'immigrés prises pour cible", ajoute ce vétéran, en référence aux événements qui ont récemment secoué Minneapolis.
Bruce Springsteen à Minneapolis
Cette ville démocrate du Midwest, épicentre en début d'année de la brutale offensive anti-immigration de Donald Trump, est brandie comme le point névralgique des manifestations de samedi - avec sa ville jumelle, Saint-Paul.
Bruce Springsteen, farouche critique du président américain, devait y interpréter sa chanson "Streets of Minneapolis", écrite en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d'agents fédéraux lors d'opérations de la police de l'immigration, Renee Good et Alex Pretti.
"Les habitants du Minnesota (où se trouve Minneapolis, ndlr) ont déjà prouvé qu'ils étaient prêts à défendre la démocratie par -20°C, alors samedi, ce sera du gâteau !", ont lancé les organisateurs locaux. Le sénateur Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, était également annoncé.
"Un tyran"
"Police secrète masquée qui sème la terreur dans nos communautés. Guerre illégale et catastrophique qui nous met en danger et fait grimper nos dépenses. Attaques contre notre liberté d'expression et nos droits civils. Coûts qui poussent les familles au bord du gouffre. Trump veut nous gouverner comme un tyran", s'indigne le collectif No Kings.
Les organisateurs précisent que deux tiers des personnes ayant exprimé leur intention de se joindre aux manifestations de samedi résident en dehors des grandes villes, ce qui représente une augmentation marquée par rapport à la précédente journée de mobilisation.