Trump défend l'accord américano-iranien et balaie les critiques
Accord avec l'Iran: critiques rejetées
Donald Trump a balayé jeudi les critiques après la signature d'un accord avec l'Iran qui apparaît comme largement favorable à la République islamique et repousse le sujet central du nucléaire à de nouveaux pourparlers.
Cette phase de négociation est censée s'ouvrir vendredi dans le complexe hôtelier du Bürgenstock (NW), mais le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a fait savoir qu'il ne viendrait pas. Et l'agence iranienne Tasnim a laissé planer le doute, indiquant que la présence d'une délégation de Téhéran devait encore être confirmée.
La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n'a filtré depuis.
Le président américain défend lui l'accord face au scepticisme dans son pays.
"Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole sont en train de 'chuter', sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides", a tonné le milliardaire sur son réseau Truth Social.
La veille au soir, il avait signé, sous les ors de Versailles en France, ce protocole d'accord pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël, qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et bousculé l'économie mondiale.
Côté iranien, il a été paraphé par le président Massoud Pezeshkian qui a salué un document "historique" émanant d'un "Iran puissant". Il "acte l'échec des Etats-Unis", a commenté de son côté M. Ghalibaf.
Téhéran peut en effet se féliciter d'avoir obtenu la promesse d'un déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et de la suspension des sanctions américaines sur la vente de pétrole iranien, dès la mise en oeuvre du protocole.
Mais les habitants de la capitale iranienne se montrent prudents quant aux effets à attendre de l'accord.
"Je doute fort qu'il soit durable", confie Mina, psychologue de 54 ans, interrogée par l'AFP à Paris. "Peut-être qu'après les 60 jours (de négociation d'un texte final), les hostilités reprendront. Les Etats-Unis exigent que l'Iran cède son uranium et laisse le Liban tranquille, ce que la République islamique refuse. Je suis donc presque certain que cet accord ne durera pas", souffle-t-elle.
La presse américaine, elle, est très sévère. Même Fox News, la télévision préférée du locataire de la Maison Blanche, donne la part belle à ceux qui "affirment que le cadre offre à l'Iran d'énormes avantages financiers, sans exiger le démantèlement de son infrastructure nucléaire".
Nouvelles frappes au Liban
Le texte publié par Washington et Téhéran prévoit la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, et la levée simultanée du blocus américain des ports iraniens.
Cette clause du protocole a permis une détente des marchés pétroliers, les cours du Brent reculant autour de 78 dollars, contre 60 à 70 dollars avant la guerre.
Au Liban, le chef du Hezbollah pro-Téhéran, Naïm Kassem, voit lui aussi dans cet accord une "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour que le front libanais en fasse partie.
Il a appelé à "tirer profit" de ce texte pour "expulser Israël" du territoire libanais, exhortant Beyrouth à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l'égide de Washington.
Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que ce processus était "indépendant" de l'accord américano-iranien, auquel Israël n'a pas été associé.
Depuis l'annonce lundi de la conclusion de cet accord, au moins huit personnes ont été tuées au Liban dans des frappes israéliennes, dont trois jeudi.
Deux mois pour négocier
Après l'annonce des grandes lignes, le plus dur reste à faire avec des discussions ces 60 prochains jours autour du programme nucléaire iranien, au coeur de la discorde entre les deux pays ennemis depuis des décennies.
Le protocole évoque un mécanisme permettant de traiter les stocks d'uranium hautement enrichi "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)" - une "victoire majeure" selon Washington.
Dans la foulée, l'instance onusienne s'est dite prête à commencer à définir des "mesures concrètes".
Les Etats-Unis s'engagent par ailleurs, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.