Élève de 3e poignarde et blesse grièvement son enseignante à Sanary
France: professeure poignardée en classe
Une enseignante d'arts plastiques âgée de 60 ans a été grièvement blessée à coups de couteau mardi par un de ses élèves, un adolescent, dans sa classe à Sanary-sur-Mer, dans le sud-est de la France, une agression qui a profondément choqué la communauté éducative.
Les faits se sont produits vers 14h00. L'enseignante a alors reçu trois ou quatre coups de couteau. L'auteur de cette attaque a été interpellé par la police et placé en garde à vue pour tentative d'assassinat, a expliqué le procureur de Toulon, Raphaël Balland.
"Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade", a précisé le procureur. Il a ajouté que l'élève avait récemment eu des tensions avec la professeure et qu'il lui en voulait pour des rapports faits à son encontre. Selon lui, il avait aussi des problèmes familiaux "mais, pour le moment, il n'était pas connu pour avoir commis le moindre fait de violence".
Le ministre français de l'Education nationale, Edouard Geffray, s'est rendu sur place et a exprimé son soutien : "Mes pensées vont immédiatement à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté éducative", a-t-il réagi. Le président de la République est également tenu informé de la situation.
La victime a été prise en charge par le Samu (service d'urgences médicales) et évacuée vers l'hôpital Sainte-Anne de Toulon, où elle était "en cours d'opération chirurgicale", a dit le préfet du Var.
Série d'agressions
"On est sous le choc, encore un drame qui vient frapper une enseignante et la communauté éducative. On s'interroge sur cette violence, on se dit quand est-ce que ça va s'arrêter. Tant que l'on ne fait pas une vraie prévention, ça peut toujours arriver", a réagi auprès de l'AFP Emilie Vandepoel, la secrétaire départementale SE-Unsa (syndicat enseignant) du Var. Elle a précisé que le collège avait été confiné.
"On a quand même plus d'agressions ultraviolentes ces dernières années" et, le "fait nouveau", c'est qu'elles ont "lieu devant ou à l'intérieur de l'établissement, jusque dans la salle de classe", observe de son côté Jean-Rémi Girard, le président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc). Et "ce n'est pas parce qu'on met en place une fouille aléatoire ponctuelle que ça va arrêter quoi que ce soit", a-t-il ajouté.
En septembre, une enseignante avait été agressée au couteau dans un collège de Benfeld (Bas-Rhin, est de la France) par un de ses élèves, âgé de 14 ans, et un ancien élève avait blessé au couteau un élève et une professeure dans un lycée horticole d'Antibes (Alpes-Maritimes, sud).
Ces derniers mois, une surveillante a en outre été tuée en juin à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne, est) par un adolescent de 14 ans au cours d'une fouille de sacs par des policiers et, en avril, un lycéen a tué une adolescente de 15 ans et blessé trois autres personnes dans un lycée de Nantes (ouest).
Samuel Paty
Beaucoup de professeurs disent avoir toujours en tête Samuel Paty, l'enseignant d'histoire-géographie décapité en octobre 2020 par un jeune homme radicalisé, après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.
Le procès en appel se déroule actuellement à Paris. Un décret paru en juillet en France prévoit que tout élève portant une arme soit systématiquement traduit devant le conseil de discipline de son collège ou de son lycée.