Le Grand Conseil valaisan refuse un postulat pour un fonds climatique
Grand Conseil - VS
Le Grand Conseil valaisan a rejeté mardi matin un postulat demandant au Conseil d'Etat de mettre en place un système de financement global lié au climat, aux intempéries et à l'environnement. La majorité des députés de droite a dit non.
L'idée lancée par quatre députés de NEO était de doter le Valais d'un fonds visant à couvrir l'ensemble des risques et problèmes environnementaux dus au climat afin de renforcer durablement la résilience du canton et d'assurer sa capacité financière lors de futures crises.
"En novembre 2024, la population valaisanne avait refusé la loi cantonale sur le climat et le fonds climatique qui y était prévu. Ce fonds aurait alors permis de soutenir les communes dans leurs projets de protection et de renforcer la résilience de l'agriculture", rappellent les postulants.
Un dépassement conséquent
Pour le seul Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement (DMTE), les intempéries de l'été 2024 ont notamment engendré des dépenses extraordinaires à hauteur de 141,8 millions de francs, essentiellement destinées à financer des travaux urgents de remise en état (de cours d'eau, du réseau routier cantonal et d'infrastructures agricoles et sylvicoles).
"A l'heure actuelle, le canton dispose d'une réserve de 200 millions de francs (ndlr: 186,9 millions de francs). Toutefois, il s'avère complexe d'accéder à ces ressources, ce qui entrave la rapidité de l'aide en cas d'urgence. Un fonds créé spécialement pour les dangers naturels faciliterait non seulement la planification et la réaction en cas de crises, mais améliorerait aussi l'assise financière, dans le but de prendre des mesures préventives et de protéger efficacement la population", ont résumé les auteurs de ce postulat.
Suffisamment d'outils
Ce postulat "ne va pas dans la bonne direction", a estimé lors des débats Daniel Berchbühl (UDC du Haut-Valais), en rappelant le non à 55,83% à la loi et au fonds climat en novembre 2024.
Pour son collègue de l’UDC du Valais romand Alexis Udressy, "créer un fonds global signifierait se doter d’une boîte de Pandore. Un fonds sans limite. Un instrument difficile à contrôler." Le canton a "suffisamment d’outils pour relever les défis dans ces domaines", a ajouté Niklaus Heinzmann (PLR).
Le postulat de NEO a été soutenu par Le Centre du Valais romand, le PS et Les Vert-e-s. "Il serait incompréhensible et irresponsable qu'une nouvelle fois le Grand Conseil appuie sur la pédale du frein alors que l'on doit affronter ce qui constitue sans aucun doute le plus grand défi du siècle pour notre canton alpin", a lâché l'écologiste Emmanuel Revaz.
Une marge de cinq voix
Pour Carole Melly-Basili, le Centre du Valais romand souhaite "des règles claires quant à l’indemnisation des catastrophes et une équité de traitement, au minimum dans les demandes."
Au vote, le postulat a été refusé par 66 voix contre 61.