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Derby lémanique: Genève–Lausanne, un quart de finale très équilibré

Derby lémanique: Genève–Lausanne, un quart de finale très équilibré

National League: Le derby commence

Dès samedi, Genève et Lausanne vont se retrouver en quarts de finale des play-off de National League, pour leur première série disputée dans l'élite.

Et au moment d'évaluer forces et faiblesses, les deux formations sont très proches.

Vingt-six ans après, Genève et Lausanne se retrouvent dans une série de quarts de finale des play-off. En 2000, les deux clubs végétaient en deuxième division, et le GSHC était sorti vainqueur de ce duel en quatre manches (3-1).

En 2026, le contexte est très différent. Les deux organisations ont travaillé juste depuis des années et font partie des ténors de la catégorie. Genève a soulevé la coupe de champion en 2023, alors que le LHC a perdu les deux dernières finales face à Zurich.

Cette saison, les Lions sont partis comme des avions, mais l'année 2026 fut plus compliquée avec tout de même une qualification directe pour les play-off grâce à cette sixième place. Parti plus doucement, Genève a dû se séparer de Yorick Treille en route pour mettre Ville Peltonen à la barre avant de voir un changement et des Aigles atteindre leur vitesse de croisière. Tout ne fut pas parfait, mais le GSHC est devenu très solide à domicile pour finalement terminer la saison régulière au troisième rang.

Une impressionnante ligne de parade

Ville Peltonen a surtout assemblé une ligne 100% "Suomi" qui a torturé les défenses de National League. Le trio finlandais Puljujärvi-Manninen-Granlund a terminé dans le top 6 de la ligue. Granlund a remporté le titre de meilleur compteur avec 54 points (dont 22 buts) en 49 matches, Puljujärvi a fini 3e avec 52 points en autant de rencontres, alors que Manninen a réussi 45 points en 46 parties. Si l'on ajoute les 37 points du défenseur Vili Saarijärvi, on peut dire que les Nordiques ont fait la loi chez Calvin.

Mais attention, résumer Genève à sa première ligne serait une erreur, comme le rappelle le capitaine grenat Noah Rod, soldat dévoué du quatrième trio: "Chacun a son rôle dans l'équipe. C'est évident qu'ils amènent quelque chose, mais les autres lignes sont tout aussi nécessaires à la bonne marche du groupe."

Dans le camp genevois, le fait d'avoir manqué les play-off lors des deux dernières saisons donne des raisons supplémentaires aux joueurs d'être excités. "Affronter Lausanne ajoute un petit truc en plus sur le plan des émotions, pour nous c'est génial", glisse Rod.

Le meilleur moment de la saison

Sur les quatre duels en saison régulière, Genève en a enlevé trois, après avoir subi l'humiliation d'un 11-0. Fessé quelques jours plus tard par Bienne 8-0, Genève a opéré un changement au terme de cette défaite, comme l'explique Noah Rod: "A Bienne, on a eu un gros meeting entre les joueurs. Je pense que l'on n'est pas sorti du vestiaire pendant 45 minutes. En fait, il n'y avait plus d'excuses pour les joueurs une fois que le coach avait été limogé."

A Lausanne, on trépigne également. Geoff Ward dispose d'un groupe au complet. Le capitaine Damien Riat raconte que les joueurs ont mis l'emphase sur "l'exécution". Le Genevois évoque également "l'intensité et les émotions qui vont ressortir". "C'est le meilleur moment de la saison, où l'on se lève chaque matin pour aller gagner un titre", précise-t-il.

Et ce derby, comment le vit-il, lui l'ancien de la maison grenat? "Honnêtement, ma réponse va peut-être vous surprendre, mais cela ne me fait pas grand-chose. C'est une série comme une autre. Lors des deux dernières saisons, on a joué des derbies contre Fribourg. On a appris à se concentrer sur nous. Un sentiment de revanche? Non, juste l'envie de remporter chaque match."

Geoff Ward d'un calme olympien

Lorsque Geoff Ward arrive devant les micros, la question de la première ligne genevoise se pose immédiatement. Rompu à l'exercice de l'interview, le Canadien n'a livré aucun secret concernant sa tactique: "Ce sont de bons joueurs. Ils vont créer des actions de jeu, et notre objectif sera d'en limiter au maximum le nombre. C'est la meilleure ligne de la ligue pour une bonne raison."

Reconnaître la valeur de l'adversaire ne signifie pas qu'on le craint. Des lignes adverses de très grande qualité, Ward en a vu passer une kyrielle. Lorsqu'il a remporté la Coupe Stanley en tant qu'assistant en 2011 avec Boston face à Vancouver, les Bruins faisaient face à une ligne de parade composée des jumeaux Henrik et Daniel Sedin et du Québécois Alex Burrows, et ils avaient trouvé le moyen de gagner. "Cela arrive souvent d'affronter une excellente ligne, estime Ward. Honnêtement, je peux penser à une super ligne de chaque adversaire que l'on a rencontré en play-off."

Hors de question toutefois de disséquer l'adversaire devant la presse. Geoff Ward et Ville Peltonen gardent ça pour les séances tactiques avec leurs protégés. Lorsque l'on évoque l'avantage de la glace pour Genève, le coach du LHC ne s'en émeut vraiment pas: "On va vraiment y aller un match à la fois. Ils ont ce match "en plus", mais lors des play-off, je ne pense pas que cela joue un aussi grand rôle." Vivement que le duel commence pour pouvoir juger autre chose que des mots.

ATS