Des mules recrutées en quelques clics sur les réseaux sociaux
Un phénomène en pleine expansion
Derrière une actualité policière dense — arnaques aux faux policiers, jeunes arnaqueurs placés en détention — se cache un phénomène croissant : le recrutement de jeunes sur les réseaux sociaux pour servir de mules. Les recruteurs sont des groupes structurés actifs depuis l'étranger, généralement depuis la France, qui publient des messages et des stories sur Snapchat ou Telegram. Ces publications indiquent clairement ce qui sera demandé : aller récupérer une carte bancaire, se déplacer en Suisse.
Des annonces conçues pour séduire les jeunes
Tout est pensé pour attirer les jeunes : textes colorés, emojis, promesses d'argent facile et langage familier à l'orthographe douteuse. Les cibles visées ont entre quinze et vingt-cinq ans, souvent en décrochage scolaire. Une fois recrutés, les rôles sont répartis : un chauffeur, un autre au contact de la victime pour effectuer les retraits, et un principal qui organise et maintient les liens avec les commanditaires.
Une emprise entretenue par la pression
Pour se défendre, certaines mules affirment agir sous la contrainte. Dès leur recrutement, elles doivent remettre une copie de leur pièce d'identité, faire un selfie et communiquer leur adresse. Ces éléments permettent aux recruteurs de les menacer : « On va te retrouver si tu fais pas le boulot. » Pression ou non, les conséquences juridiques sont lourdes : le délit d'escroquerie est punissable d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.