Initiative des 12% : le débat fiscal vaudois s'invite au baromètre de la CVCI
À deux semaines du vote du 27 septembre, partisans et opposants de l'initiative des 12% croisent le fer sur la question de l'attractivité fiscale du canton de Vaud.
La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI) et le cabinet d'audit KPMG ont présenté jeudi matin le baromètre fiscal vaudois, une étude comparative de la fiscalité vaudoise par rapport aux autres cantons suisses. Leurs calculs indiquent que l'initiative, qui vise à réduire les impôts cantonaux sur le revenu et la fortune, permettrait au canton de gagner plusieurs rangs dans ce classement. Avec un taux maximal d'imposition de 41,5%, Vaud affiche actuellement le troisième taux le plus élevé de Suisse, derrière Genève et Bâle-Campagne.
Un argument de compétitivité mis en avant
Pour les promoteurs de l'initiative, l'écart avec d'autres cantons comme Zurich est difficilement justifiable. Pourquoi un Vaudois doit-il payer parfois deux fois plus d'impôts qu'un Zurichois, demande Philippe Miauton directeur de la CVCI, alors que les infrastructures zurichoises sont comparables, voire parfois meilleures ? L'initiative est présentée comme un levier bénéfique notamment pour la classe moyenne.
Des opposants sceptiques
Le conseiller national socialiste Samuel Bendahan conteste cet argumentaire. Selon lui, le canton ne souffre pas d'un déficit d'attractivité : les entreprises y sont peu imposées, dynamiques, et créent des emplois. Il estime au contraire qu'une baisse massive des impôts priverait le canton des ressources nécessaires pour maintenir la qualité de vie qui fait son attrait, rendant Vaud « moins intéressant, moins attractif, beaucoup plus difficile à vivre ».
C'est finalement aux citoyens vaudois qu'il reviendra de trancher, lors du scrutin du 27 septembre prochain.