Journée mondiale de l'aphasie : des mots difficiles à trouver, un quotidien bouleversé
Benjamin Peiry
À l'occasion de la journée mondiale de l'aphasie, deux personnes touchées par ce trouble de la communication témoignent de leurs difficultés et de l'importance de sensibiliser le grand public à ce mal souvent invisible.
Une tumeur au cerveau pour Joël, une chute ayant provoqué un choc cérébral pour Philippe : tous deux sont devenus aphasiques. Parler, lire ou écrire, des actes du quotidien qui se transforment en véritables obstacles. « Le plus compliqué, c'est de trouver mes mots, surtout quand je suis stressé », confie Philippe, qui a choisi d'annoncer d'emblée son AVC à ses interlocuteurs au téléphone pour qu'ils soient plus attentifs.
Un trouble fréquent et méconnu
Dans le canton de Fribourg, environ 150 personnes sont touchées chaque année par l'aphasie. Pour les accompagner, l'association Aphasie Club Fribourg existe depuis 1999, fondée à l'initiative de deux logopédistes. Elle soutient les personnes aphasiques et leurs proches, et œuvre à la sensibilisation du public. Joël, aphasique depuis dix-neuf ans, insiste : « C'est très important que tout le monde sache ce qu'est vraiment l'aphasie. »
Le rôle crucial des proches
L'entourage joue un rôle essentiel dans l'accompagnement des personnes aphasiques. Anne-Claude, l'épouse de Joël, a dû apprendre une règle difficile à appliquer : ne pas terminer les phrases à la place de son mari. « On a toujours envie de dire le mot qu'ils cherchent désespérément, mais il faut vraiment leur laisser le temps », explique-t-elle. Au total, 30% des personnes victimes d'une lésion cérébrale deviennent aphasiques.
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