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Incendie

Incendie en Espagne : vers une stabilisation après deux jours d'enfer

Incendie en Espagne : vers une stabilisation après deux jours d'enfer

Stabilisation en vue en Espagne

Végétation calcinée, murs noircis et rues vides: épicentre de l'incendie qui a fait 12 morts dans le sud de l'Espagne, Bédar avait des allures de ville fantôme samedi. Sur le terrain, les pompiers commencent à entrevoir la possibilité de contenir le sinistre.

Le violent incendie qui a ravagé un massif boisé près d'Almeria, en Andalousie, a connu samedi une évolution favorable, après deux jours d'"enfer" vécus par les habitants de cette zone où vivent de nombreux étrangers, notamment britanniques, dont 1500 ont dû être évacués.

"Aujourd'hui, nous pouvons déjà regarder la situation avec optimisme et avec la confiance que, si tout se déroule comme cela se passe et si la nuit aussi joue en notre faveur (...), nous pourrions commencer à envisager une future stabilisation" du sinistre, a estimé sur la radio Canal Sur le responsable régional des services de secours d'Andalousie, Antonio Sanz.

Plusieurs centaines de pompiers et de militaires continuent sur le terrain à lutter contre le sinistre, qui a parcouru 6600 hectares autour de Los Gallardos, en Andalousie, appuyés par des moyens aériens. Le Premier ministre Pedro Sanchez est attendu lundi sur place.

Propagation ultrarapide

Dans cette zone parcourue de nombreux ravins, fossés et maisons dispersées à flanc de coteaux, qui ont favorisé la propagation de l'incendie et rendu difficile la mise à l'abri des riverains, le sinistre a dans un premier temps évolué de manière fulgurante - le ministre de la Justice, présent sur place samedi, allant jusqu'à évoquer une vitesse de propagation de 100 mètres par minute au début des flammes.

"On a eu très, très peur. On voyait les flammes. Ça a été terrible. Et on le sent encore dans notre corps, on le sent encore", a décrit samedi à l'AFP Manoli Ramos, 72 ans, conseillère municipale de Bédar, le hameau où ont été retrouvés les victimes.

Étagée sur des versants, la localité était encore quasiment vide samedi après-midi, ont constaté des journalistes de l'AFP. "En 2012, il y avait eu un grand incendie ici au village. Ils avaient évacué à partir de midi jusqu'au lendemain. Le lendemain, ils ont renvoyé tout le monde au village et ça allait. Mais cette fois-ci, ça a été horrible. Ça a été un enfer", a poursuivi pour l'AFP Manoli Ramos.

Les 12 victimes retrouvées depuis jeudi par les secours ont été piégées dans leur véhicule ou rattrapées par les flammes en tentant de s'enfuir, selon les autorités. Elles sont de plusieurs nationalités, a confirmé vendredi le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska.

"Encourageant"

Depuis vendredi, le bilan humain n'a pas évolué. "La Garde civile a ratissé toutes les zones et nous a informés qu'elle n'avait trouvé aucune personne supplémentaire. Cela ne signifie pas que cela ne puisse pas arriver", a expliqué Antonio Sanz, disant toutefois y voir une nouvelle "encourageante".

Une vingtaine de personnes n'ont toujours pas été localisées, mais peuvent avoir été évacuées et n'avoir pas encore pu prévenir leurs proches, ont affirmé les autorités, refusant d'évoquer à proprement parler des personnes disparues.

Pays en première ligne du réchauffement climatique, l'Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues, dès le printemps, puis l'été, avec des températures dépassant parfois les 40°C, créant les conditions pour des feux dévastateurs.

ATS