Berne : mesures renforcées pour prévenir le suicide en prison
Justice/Santé
Le Conseil-exécutif bernois est conscient du risque de suicide de détenus venant d'être incarcérés et certaines mesures vont être renforcées, notamment dans la formation du personnel. Il a ainsi répondu à une interpellation parlementaire revenant sur le suicide d'un détenu à la prison régionale de Bienne.
L'homme s'était donné la mort dans sa cellule au lendemain de son arrestation, en mai 2023. Dans leur interpellation, les députées socialistes Karin Berger-Sturm, Valentina Achermann et Irene Hügli revenaient sur ce fait divers, soulignant que des "lacunes structurelles" avaient été relevées à l'échelle cantonale, dans le cadre de l'enquête ayant suivi le décès de ce détenu. Alors que le phénomène de "choc carcéral" est, avancent-elles, peu connu du personnel et que le détenu en question avait été écroué "sans enquête médicale ni surveillances suffisantes", le risque qu'un tel suicide se reproduise est réel.
Le Conseil-exécutif souligne tout d'abord que "le risque zéro de blessure auto-infligée ou de suicide n'existe pas en prison, même avec un encadrement thérapeutique important et des précautions".
Réglementation uniforme
En novembre 2024, un groupe de travail interdisciplinaire consacré au choc carcéral et au risque suicidaire a été créé avec la participation de la police cantonale et du Ministère public, entre autres. Il élabore actuellement une stratégie axée sur la pratique, dans le but de revoir et de développer les mesures actuelles de prévention du suicide dans le domaine carcéral. Une réglementation uniforme et des mesures de prévention efficaces doivent ensuite être mises en place. Dès l'automne 2026, un outil standardisé d'évaluation du risque suicidaire devrait être intronisé.
Concernant le personnel, les thèmes du choc carcéral et de la prévention du suicide font partie "depuis des années" de la formation de base et des formations continues.
De plus, un groupe de travail sur la capacité à subir la détention a été mis en place, poursuit le Conseil-exécutif. Il réunit des membres du personnel de l’exécution judiciaire et un représentant de la police cantonale. L’objectif est de garantir des processus identiques dans l’ensemble du canton pendant la phase critique du début de la privation de liberté pour ce qui est de l’évaluation de l’état physique et psychique et de potentiels facteurs de risque.
Consultation psychologique
S'ils le jugent nécessaire, l'Office de l'exécution judiciaire, la police ou le Ministère public peuvent ordonner une évaluation de la capacité à subir la détention, réalisée par du personnel spécialisé. De plus, chaque détenu nouvellement incarcéré doit passer des examens minimaux, qu'il fasse l'objet ou non de problèmes de santé.
S'il existe un risque psychique, notamment en lien avec des crises suicidaires, le détenu concerné est inscrit à la consultation psychiatrique dans les prisons régionales, note encore l'exécutif.
Le service de santé peut aussi être sollicité pour effectuer une évaluation approfondie. Il peut alors définir des mesures supplémentaires, comme une consultation psychiatrique ou psychologique ou un transfert au service des urgences de l’Hôpital de l’Île, à Berne.