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Noè Ponti : sa médaille de bronze aux Européens de Paris compte énormément

Noè Ponti : sa médaille de bronze aux Européens de Paris compte énormément

Noé Ponti "content" de sa médaille

Noè Ponti et son coach Massimo Meloni se sont confiés à Keystone-ATS vendredi, au lendemain de la médaille de bronze conquise par le Tessinois sur 100 m papillon aux Européens de Paris.

Cette médaille, glanée deux jours après que Noè Ponti avait perdu ses lunettes au départ de la finale du 50 m, "revêt une grande importance" pour lui.

- Cette médaille est-elle la plus belle de la carrière de Noè, étant donné ce qui s'est passé mardi ?

Massimo Meloni: "Pour nous, cette médaille est vraiment magnifique, bien sûr, surtout après ce qui s'est passé mardi. Ça a été un tout petit peu plus compliqué de lui parler, de le remettre tout de suite sur les rails, d'essayer de lui faire comprendre que c'était comme si rien ne s'était passé. Mais quand on commence par une erreur, appelons-la ainsi, ce n’est pas si facile d’arriver à un tel résultat."

Noè Ponti: "Ce n'est pas la plus belle des médailles, mais elle revêt une grande importance. En effet, j'ai réussi à me prouver que même s'il y a un obstacle, comme ma mésaventure de mardi, je réussis à me relever. C'est ça le plus important. C'était une grande épreuve mentale. Je suis heureux de la façon dont les choses se sont passées. Evidemment, on en veut toujours plus, mais vu le contexte je suis content. Mais la plus belle reste la médaille de bronze des Jeux de Tokyo."

- Y a-t-il eu des doutes après mardi ?

MM: "Je n’ai pas eu de doute. Ça a tout de même été une étape un peu compliquée. Ça l'aurait été pour n'importe quel athlète, car j'ai vu les résultats du 100. Je pense qu'il aurait pu réaliser un excellent résultat sur le 50 m: si l'on regarde le 100 m, il a fait 50''47 le matin, 50''21 l'après-midi et 49''93 en finale; sur 50 m, il a nagé 22''69 puis 22''53: je vous laisse donc imaginer pour la finale."

NP: "Non. Mardi soir ça n'a pas été facile, mais après avoir discuté avec quelques personnes de tout ça, j'ai réussi à passer à autre chose. Je n'ai pas eu de doute. J'étais en forme, je savais que j'en étais capable, même si j'ai certainement eu un peu plus de craintes. Mais je n'ai pas douté de mes capacités."

- Les champions se forgent souvent dans l'adversité. Un nouveau Noè Ponti est-il né jeudi soir ?

MM: "Non. Hier (jeudi), la course a été remportée par quelqu'un (Kristof Milak, en 49''48) dont nous étions très proches lors des derniers mouvements de bras. Ce qui me réjouit particulièrement, c'est que depuis cinq ans, indépendamment des médailles remportées ou non, nous sommes toujours là, nous nous battons toujours en finale aux côtés des meilleurs du monde. Jeudi, nous avons assisté au 100 m papillon le plus rapide de l'histoire avec trois nageurs sous les 50'', et Milak était à 0''03 du record du monde. On peut donc dire que nous sommes vraiment ravis."

NP: "J'ai déjà rencontré de nombreux obstacles, j'ai toujours réussi à les surmonter. Rien de nouveau. Mais ça m'a certainement donné encore plus l'envie de mieux faire, et encore plus de combativité que ce que j'avais déjà. Ça faisait un moment que ça ne m'était pas arrivé."

- Noè a dit après la finale du 100 m qu'il pensait avoir la capacité de nager en 49''4. Que faut-il faire pour y parvenir ?

MM: "Je pense qu'il peut descendre en dessous de 49''4 ! Nous les entraîneurs, nous vivons dans un monde de rêves, et c'est la seule chose qui nous fait avancer. Il n'a rien à faire de particulier. Nous devons continuer, nous devons essayer d'y arriver sans ces petits incidents de parcours et nous devons croire en ce que nous faisons. La confiance est à la base de tout."

NP: "Je dois simplement continuer à m'entraîner. Je dois croire en mes capacités et m'entraîner dur, et je pense que j'y arriverai certainement. Je n'ai aucun doute à ce sujet. Je pense que j'en suis déjà capable. Si j'avais réussi un bon 50 m ici, qui sait ce qui se serait passé sur 100 m ? Peut-être que je n'aurais pas fait 49''4, mais je suis sûr que j'aurais pu faire 49''6. Je l'aurais fait. Sans aucun doute."

- Dans quels domaines Noè doit-il le plus s'améliorer ?

MM: "Noè a des capacités incroyables. En fait, il y a peu de choses à améliorer, il faut juste s'entraîner, essayer de nouvelles choses. Cette année, on a essayé de faire des choses différentes et ça s'est vu. De toute façon, il s'en sort très bien, donc il y a peu de choses à modifier. On devra être encore mieux préparés lors des prochaines compétitions."

NP: "Ça se joue sur des détails. On peut certainement améliorer les dix derniers mètres de course. Pour me permettre d'arriver non pas avec l'eau jusqu'au cou, mais d'arriver un peu mieux placé. Et voilà, on travaille, on travaille sur les détails. Mais je pense qu'on fait du bon travail."

- Faut-il continuer à viser les médailles en petit bassin également ?

MM: "Noé participe à toutes les compétitions, en grand bassin comme en petit bassin, pour remporter des médailles d'or et réaliser des temps incroyables. On n'y parvient pas toujours, mais on est toujours là. On vise toujours la victoire, c'est ce qu'il faut."

NP: "Nous allons continuer à travailler pour les deux. Nous participerons certainement aux Championnats du monde en petit bassin cette année, ainsi qu'aux Mondiaux en grand bassin en 2027. Le grand bassin, c'est certainement plus important. Mais le petit bassin est utile pour gagner en vitesse et acquérir une vitesse de base plus élevée."

- La concurrence est énorme sur 100 pap', avec Milak, Grousset, mais aussi le recordman du monde Caeleb Dressel qui est de retour aux affaires ou Ilya Kharun. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

NP: "C’est normal qu'il y ait des adversaires. Je suis content qu'ils soient là, mais on va faire en sorte d’être prêt et de les battre. Pour l’instant, il n'y en a que deux qui sont devant moi (Milak et Grousset), et tous les autres sont derrière. On va faire en sorte qu’aux JO de Los Angeles, il n'y ait personne devant et qu’il y ait sept personnes derrière moi."

ATS