Équipe suisse de hockey : maturité et sérieux au mondial 2026
Mondial: Un groupe mature
L'équipe de Suisse traverse son Championnat du monde avec un évident sérieux et une grande confiance. Mais elle ne peut pas baisser sa garde.
Une qualification pour les quarts en poche, cinq succès en autant de rencontres, un feu d'artifice contre l'Autriche, un public enthousiaste, la première semaine de ce Mondial 2026 ne pourrait pas mieux se passer pour la troupe de Jan Cadieux.
On peut toutefois légitimement se demander si les Helvètes ont déjà été "testés au feu". A l'issue de la victoire face aux Allemands, Christoph Bertschy s'étonnait un peu de cette question. "Contre les Américains ce n'était pas facile, non?", a questionné le Fribourgeois. Vrai. Mais ce match est intervenu en début de tournoi. Le prochain défi qui attend la Suisse est prévu pour mardi, avec le match contre la Finlande qui décidera certainement de la première place du groupe.
Entre ces deux rencontres, la sélection à croix blanche tente de se construire, de prendre les bonnes habitudes lorsque tout ne tournera peut-être pas aussi bien. "C'est un processus au cours duquel on essaie de s'améliorer à chaque sortie", explique Jan Cadieux. Face aux Britanniques, la Suisse a appris qu'elle devait jouer de manière plus verticale et arrêter de se perdre dans des jeux trop compliqués ou trop "jolis". En somme, oui à la confiance, non à l'arrogance.
Respecter le jeu simple
D'ailleurs, cette frontière entre les deux sentiments est ténue. "C'est une très bonne question, et c'est difficile de trouver une réponse simple, estime Janis Moser. Si ça fonctionne c'est la confiance, si ça ne fonctionne pas c'est de l'arrogance. Si tu ne respectes pas le jeu simple et direct, tu peux tomber dans l'arrogance. Et là je pense que l'on peut faire un meilleur job."
Samedi face à la Hongrie, l'équipe nationale va au-devant d'un nouveau match dont elle sera l'immense favorite. Afin de prouver cette maturité, elle va devoir faire mieux que contre les Britanniques. "Le challenge, c'est contre ces équipes où tu te dis que tu es plus fort, poursuit le défenseur de Tampa Bay. Mais si on le fait bien, ce n'est que du positif."
Consultant pour la RTS à Zurich, René Matte aime ce qu'il a vu jusqu'à présent: "Je n'ai pas noté de faiblesses frappantes. Le power-play marche bien, le box-play aussi. Je vois cette équipe aller crescendo et c'est certain que son vécu se voit. Il y a de l'expérience, et une maturité qui s'est construite sur les cinq dernières années."
Un groupe élargi
Sur les réseaux sociaux, la fédération montre souvent l'annonce des six joueurs qui vont monter les premiers sur la glace. Ce sont en général toujours les mêmes, à savoir Josi, Egli, Riat, Jäger et Knak plus le gardien. Andrea Glauser est venu transmettre son énergie, Kevin Fiala l'a imité et on a pu voir Jonas Siegenthaler dans le vestiaire après l'une des victoires. Une manière de montrer que ce groupe ne se limite pas aux 25 noms que Cadieux a dû fournir, mais à près de trente joueurs. "Le sentiment d'appartenance est vraiment très présent", note René Matte.
Pour Geoffrey Vauclair, consultant sur la RTS lors des matches de l'équipe nationale au côté de Christophe Cerf, le mérite revient à Patrick Fischer et aux cadres du vestiaire. "Avec les joueurs les plus importants, ils ont posé les bases, ce qui fait que plus personne ne traîne les pieds pour venir à un rassemblement."
Gérer les énergies
Optimiste et satisfait de ce qu'il a vu jusqu'ici, le Jurassien attend quand même avec impatience le match contre la Finlande: "Ce sera un vrai bon test face à une équipe qui se connaît bien, comme la Suisse. Ils font clairement partie de mes favoris." René Matte souligne pour sa part la gestion des énergies: "Cadieux n'a poussé personne, il a tourné à quatre lignes, et surtout lors du dernier match à huit défenseurs. Quand ça sera plus serré, il donnera certainement davantage de glace à ses meilleurs éléments."
A mi-parcours, la Suisse a fait tout juste. La deuxième semaine sera pourtant forcément plus difficile. A elle de profiter de l'avantage d'évoluer à domicile pour obtenir ce petit pourcent supplémentaire et atteindre le dernier carré pour la troisième fois en trois ans.