Air France-KLM : bénéfice record 2025 grâce à la montée en gamme
Air France-KLM monte en gamme et décolle
Davantage de clients haut de gamme et un pétrole meilleur marché ont permis à Air France-KLM de dégager un bénéfice net historique de 1,75 milliard d'euros (1,6 milliard de francs) en 2025, loin des années cauchemardesques du Covid-19 pour le transport aérien.
Le groupe franco-néerlandais a également réalisé un chiffre d'affaires record l'année dernière à 33 milliards d'euros, en hausse de 4,9% sur un an, et même de 6,2% hors variations de changes, a-t-il précisé jeudi dans un communiqué.
Supérieurs aux attentes des analystes, ces résultats ont été obtenus alors qu'Air France-KLM n'a toujours pas retrouvé son volume de passagers de 2019, soit 104,2 millions de personnes: ses compagnies Air France, KLM et Transavia en ont transporté 102,8 millions l'année dernière, une hausse de 5% sur un an.
Le bénéfice net a été multiplié par cinq par rapport à 2024, un résultat à mettre en perspective: l'exercice avait été marqué par des problèmes opérationnels et l'évitement de Paris par une partie de la clientèle pendant les Jeux olympiques. Le précédent record de bénéfice datait de 2023, à 934 millions d'euros.
L'année dernière, la société a gonflé sa marge d'un point, à 6,1%, avec un bénéfice opérationnel lui aussi sans précédent de 2 milliards d'euros.
"Cette performance s'explique par une augmentation de 284 millions d'euros de la recette unitaire et par une baisse du prix du carburant de 394 millions d'euros", a expliqué Air France-KLM dans son communiqué.
Côté recettes, les compagnies Air France et KLM ont validé leur ambition de montée en gamme en attirant davantage de clients dans leurs classes avant (première, affaires et premium), bien plus rentables.
Nouvelle politique bagages, payante
Les investissements liés à cette stratégie, ajoutés à des hausses de charges et redevances aéroportuaires, ont néanmoins pesé sur les coûts, qui ont augmenté à un rythme supérieur aux recettes et plombé le bénéfice d'exploitation de 322 millions d'euros.
Le groupe a aussi continué à tirer parti de ses "recettes annexes", des suppléments acquittés par les passagers pour leurs bagages ou le choix de leurs sièges: celles-ci ont représenté 2,1 milliards d'euros en 2025 (+23% sur un an).
Transavia, qui a modifié en 2024 sa politique tarifaire en faisant payer l'emport des valises de cabine, a doublé ces recettes entre 2023 et l'année dernière.
Cette orientation gagnante pour le groupe n'a toutefois pas permis à la compagnie low-cost de rester à l'équilibre: elle a subi une perte d'exploitation de 52 millions d'euros, contre 3 millions de bénéfice en 2024.
Le transporteur aux avions blancs et verts, qui poursuit le développement de sa flotte, a aussi souffert, selon sa maison mère, des effets de la transition en cours à Paris-Orly, où il prendra le relais d'Air France pour la desserte de liaisons intérieures d'ici à fin mars.
L'année dernière, "Air France-KLM a réalisé une performance solide dans un environnement difficile", a commenté son directeur général, Benjamin Smith, cité dans le communiqué: "nous avons progressé dans la mise en oeuvre de notre stratégie de montée en gamme".
Ces comptes largement dans le vert contrastent avec la situation au pire des années Covid, quand le groupe avait perdu 7,1 milliards d'euros en 2020 et 3,3 milliards en 2021. Soutenu par les États français et néerlandais, deux fois recapitalisé et après un plan de départs, il était sorti intrinsèquement plus rentable de la tourmente.
Le groupe a depuis manifesté son appétit pour la consolidation du secteur aérien européen, avec l'intégration en cours de la compagnie scandinave SAS et la volonté de disputer TAP Air Portugal à Lufthansa et IAG (British Airways, Iberia...).
Il reste néanmoins contraint par le poids de sa dette, qui atteignait 8,4 milliards d'euros fin 2025, une augmentation d'un milliard sur un an, mais dans la fourchette de ses objectifs.
Pour 2026, Air France-KLM prévoit une capacité en hausse de 3 à 5% par rapport à 2025, une augmentation des coûts unitaires inférieure à 2% et "des dépenses d'investissements nettes d'environ 3 milliards d'euros", en particulier dans le renouvellement des flottes. Pour 2028, il vise une marge opérationnelle "supérieure à 8%".
Malgré le bénéfice 2025 sans précédent, le communiqué de jeudi ne mentionne pas de versement de dividende aux actionnaires, qui en sont privés depuis 2008.