France : activité du secteur privé en forte contraction en mai
France: l'activité du secteur privé a reculé
L'activité du secteur privé en France a enregistré en mai sa plus forte contraction depuis janvier 2025. Elle notamment été fragilisée par le regain d'inflation, selon l'indice PMI composite publié mercredi par l'agence de notation S&P Global.
L'indice mesurant l'activité est tombé en mai à 44,9, son plus bas niveau depuis janvier 2024, contre 47,6 en avril. Un indice inférieur à 50 signale une baisse de l'activité en comparaison avec le mois précédent. La nouvelle estimation est bien meilleure que l'indice "flash" qui s'était établi à 43,5.
Ainsi, "le volume global des nouvelles affaires a fortement diminué", tandis que "le taux de contraction de l'emploi a atteint son plus haut niveau depuis 15 mois", détaille S&P Global dans son communiqué. L'activité dans les services, notamment, a souffert, enregistrant sa plus forte contraction depuis novembre 2020. L'indice est ainsi tombé en mai à 44,3, contre 46,5 en avril, reflétant "les fortes tensions sur les coûts et un affaiblissement de la demande clients".
"Certaines entreprises interrogées ont également évoqué un allongement des processus de décision ainsi que la réticence des clients à démarrer de nouveaux projets", est-il précisé. Les nouvelles affaires à l'export ont même enregistré en mai l'un de leurs plus forts replis depuis 2014 (depuis que les données sont disponibles). Les prestataires de services français ont "réduit leurs effectifs afin notamment de limiter les coûts dans un contexte de fortes tensions inflationnistes", relève encore S&P Global.
"Le secteur des services français, déjà fragilisé avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, a enregistré une forte dégradation de ses performances en mai", a commenté Joe Hayes, économiste à S&P Global Market Intelligence, précisant que les indices mesurant l'activité et les nouvelles affaires "ont affiché des niveaux conformes à une récession du secteur dans les mois à venir".
"Le climat géopolitique très incertain entrave les prises de décision, tandis que les pressions croissantes sur les prix érodent le pouvoir d'achat. Dans un tel contexte, il est difficile d'envisager une relance de l'économie française, la probabilité d'une contraction du PIB au deuxième trimestre ne faisant au contraire qu'augmenter", a-t-il alerté. L'activité manufacturière s'est également contractée en mai, pour la première fois depuis novembre, tombant à 49,7 contre 52,8 en avril, avait indiqué lundi S&P Global.