Hommages à la dépouille de Khamenei à Téhéran avant les funérailles
Le chef des Gardiens prie pour Khamenei
Des dirigeants iraniens ont commencé à rendre hommage vendredi à l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Son cercueil est exposé dans le complexe religieux de Téhéran où sont prévues des funérailles nationales, quatre mois après sa mort.
Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence officiellement samedi.
L'évènement se veut une démonstration de force après la guerre déclenchée fin février par l'attaque israélo-américaine, et six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.
La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppée dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla.
Les murs du complexe sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance, selon des images de l'AFP.
Chef des Gardiens de la Révolution
Le président iranien Massoud Pezeshkian s'est recueilli devant la dépouille avec des membres du gouvernement dont l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et chef de l'équipe de négociation iranienne.
Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est aussi venu lui rendre hommage.
Des Iraniens devraient faire la queue dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes du complexe à 06h00 samedi (04h30 en Suisse).
Un grand parc de la capitale s'improvise d'ailleurs camping pour l'occasion, avec plus de 400 tentes du Croissant-Rouge iranien alignées, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Nous avons préparé nos maisons à Téhéran pour accueillir ceux qui viennent de l'extérieur (...) Si Dieu le veut, après avoir accueilli nos invités, nous irons ensemble pour dire un adieu à notre cher dirigeant", raconte Ezzat Shoaï, enseignante de 61 ans.
Affiches et slogans
Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.
Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.
Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille de trois ans.
Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.
Des camions citernes ont été prépositionnés, prêts à asperger les participants dans une capitale où les températures dépasseront les 35 degrés.
Sous haute surveillance
La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.
Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif arrivé avec une importante délégation, selon les autorités pakistanaises. La Chine est représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei. Aucun dirigeant européen n'a été convié.
"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.
Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.
Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.
L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.
Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.