Assassinat d'une ado à Bellach : perpétuité transformée en thérapie
Assassin d'une ado condamné à Soleure
Un Soleurois de 22 ans écope d'une peine de prison à perpétuité pour avoir assassiné une adolescente de 17 ans en 2023 à Bellach (SO). La sanction est commuée en thérapie en milieu fermé en raison des graves troubles psychiques qui sont à l'origine du crime.
Dans la nuit du 7 au 8 avril 2023, soit du Vendredi-Saint au samedi de Pâques, le Suisse alors âgé de 19 ans repère sur la route une jeune cycliste mineure qu'il ne connait pas, alors qu'il rentre chez lui en camionnette de livraison. Il décide de la tuer.
Horreur et acharnement au volant
Il la percute d'abord par l'arrière. L'adolescente tombe de son vélo, mais ne se blesse pas. Il descend alors du véhicule pour la tabasser, mais elle arrive à lui échapper en s'enfuyant par un pré. Il la rattrape, l'étrangle et la laisse pour morte.
La jeune fille se relève toutefois. L'assassin remonte alors dans son véhicule, fonce sur elle, la happe et l'écrase à mort en enchaînant marches avant et marches arrière dans le sol humide du pré.
"Energie criminelle incomparable"
"Je voulais savoir ce que ça faisait de tuer une femme", a-t-il déclaré aux juges lors de son procès, la semaine dernière. Depuis l'automne 2023, le jeune homme séjourne dans le secteur thérapeutique du pénitencier de Pöschwies, à Regensdorf (ZH).
Dans son jugement rendu mardi, le Tribunal de district de Soleure-Lebern a suivi le réquisitoire de la procureure. Il a aussi infligé 180 jours-amende à 30 francs pour des délits secondaires. La défense avait demandé que la peine n'excède pas onze ans de prison.
Les juges ont constaté la très lourde responsabilité de l'accusé dans son crime et une culpabilité entière. Ce dernier a agi de manière perfide et par bassesse, selon eux. L'énergie criminelle qu'il a déployée est incomparable et remplit largement les critères d'un assassinat.
"Petit internement"
La Cour a décidé de placer l'accusé en thérapie stationnaire fermée pour tenter de soigner son grave trouble de la personnalité. Il n'en sortira que s'il ne représente plus un danger pour la société. Son cas peut être réévalué. Cette mesure pénale, renouvelable tous les cinq ans, est aussi appelée communément "petit internement".
Si la thérapie échoue, le condamné peut être transféré en prison pour purger le reste de sa peine. Un internement classique peut encore être prononcé ultérieurement si la personne ne remplit pas les conditions d'une libération.
En Suisse, la peine à perpétuité échoit après une vingtaine d'années, si la personne ne représente plus un danger. Une libération conditionnelle après 15 ans est aussi possible dans ce même cas. Toujours selon ce scénario, les trois ans qu'il a déjà passés derrière les barreaux de manière anticipée seraient déduits des années à purger. Une libération dans 12 ans n'est donc pas exclue.
Fantasmes de violence et aucun regret
Après son arrestation, le principal intéressé a prétendu entendre des voix l'ayant incité à passer à l'acte, alors qu'il n'en était rien. Il a alors même suivi une thérapie destinée aux personnes schizophrènes.
Un voisin de cellule du prévenu a alerté finalement le Ministère public après que le jeune homme lui a parlé de son crime. Son récit invalidait une version schizophrène des faits. Ce n'est qu'alors que l'accusé a admis son réel motif.
En outre, des indices laissent entendre qu'il pourrait y avoir eu un motif sexuel qui aurait pu inciter le prévenu à suivre "un plan encore plus monstrueux", a déclaré la présidente du tribunal. Son ex-compagne a témoigné des fantasmes de pouvoir, de contrôle et de violence du jeune homme.
De plus, aucun regret de sa part n'est perceptible et il semble impossible de lui faire entendre raison. Le jeune homme refuse toute thérapie qui lui permettrait de reconnaître la gravité de son crime et il continue a évoquer ses fantasmes violents. Il représente "un danger aigu", estime la Cour.