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La gauche genevoise dénonce la spéculation immobilière à Seymaz-Sud

La gauche genevoise dénonce la spéculation immobilière à Seymaz-Sud

Logement - GE

Après les partisans du déclassement d'une zone villas en zone ordinaire à Chêne-Bourg (GE), les référendaires sont montés au front mardi. Ils dénoncent le risque de spéculation immobilière sur des terrains très bien situés et appellent à voter "non" le 29 novembre.

"La droite et les milieux immobiliers ont reconsidéré le déclassement de Seymaz-Sud qui était prévu en zone de développement. Compte tenu de la crise aiguë du logement à Genève, faut-il laisser les intérêts spéculatifs guider le développement du canton?" a lancé devant les médias Romain Gauthier, du Rassemblement pour une politique sociale du logement. Pour lui, la réponse est "non".

Fruit d'un compromis politique, la zone de développement exige l'application du principe des trois tiers - de logements locatifs, d'utilité publique et de propriété par étage. Elle permet une réelle mixité sociale grâce au contrôle des prix des terrains, des appartements et des loyers, a-t-il rappelé. "En zone ordinaire, c'est la loi du plus offrant, sans contrainte. Seuls des logements de haut standing seront construits là", a-t-il mis en garde.

Pour Caroline Renold, de l'ASLOCA, accepter ce déclassement constituerait "un précédent dangereux". "Lors des débats parlementaires, il était clair que le but du projet était d'éviter les contrôles sur les prix", a souligné celle qui est aussi députée socialiste. Or cette "très belle zone" de 41'000 mètres carrés est proche d'une gare du Léman Express et d'une rivière dans lesquelles "la collectivité a investi".

Propriétaires pas unanimes

Outre le fait que les logements seront "inaccessibles à la population", aucun financement d'infrastructures publiques n'aura lieu, selon elle. "L'établissement d'un plan localisé de quartier est prévu, mais vidé de sa substance", a-t-elle relevé. "La zone ordinaire ne permettra pas de construire plus vite. Les petits propriétaires doivent se mettre d'accord, beaucoup d'entre eux ne veulent pas partir", a-t-elle aussi avancé.

"Les propriétaires ne parlent pas tous d'une même voix. Chacun défend ses intérêts personnels et à des temporalités différentes", a confirmé Renate Von Davier. Copropriétaire d'une des 45 parcelles et conseillère municipale à Chêne-Bourg, elle n'est pas opposée à une densification du secteur mais à un déclassement en zone ordinaire, qui ne permet pas un développement cohérent bénéficiant au plus grand nombre. Un avis partagé par la commune.

Le nombre de logements est également mis en doute par les référendaires. Les partisans avancent un minimum de 270 et jusqu'à 400. "Le calcul n'est pas clair. La zone de développement impose des minimums de densité qui n'existent pas en zone ordinaire", a indiqué Mme Renold.

ATS