Neuchâtel : la gauche veut accélérer la mobilité cyclable
Trafic - NE
Les groupes socialiste, VertPop et vert’libéral (PVL) du canton de Neuchâtel ont déposé jeudi cinq objets parlementaires pour faire passer à la vitesse supérieure la mobilité cyclable. Ils estiment que le projet de révision du plan directeur cantonal sur le sujet "pédale dans le vide".
"Alors que Neuchâtel accuse un sérieux retard par rapport au reste du pays, le Conseil d’État estime que tout roule, comme en témoigne son appréciation pour le moins optimiste des retours de consultation", ont expliqué les députés de gauche et du PVL. Ces derniers estiment que le gouvernement est en décalage avec la réalité du terrain.
Leur objectif est de faire "de Neuchâtel un canton où le vélo devient un réflexe du quotidien, et non un sport à risques réservé aux plus téméraires", ont-ils ajouté. Les groupes socialistes, VertPOP et vert’libéral jugent le projet du Conseil d'Etat "trop timoré" pour un report modal ambitieux.
10% de part modale vélo
Les députés ont donc déposé un projet de loi, deux motions et deux recommandations. Ils veulent notamment fixer un objectif contraignant de 10% de part modale vélo à l'horizon 2036.
Les députés veulent planifier et réaliser à court ou moyen terme des liaisons cyclables utilitaires, continues, directes et sûres, permettant de relier les différentes régions, les cantons limitrophes et la France voisine.
Les parlementaires veulent aussi des mesures fortes pour protéger physiquement les usagers dans le cadre des infrastructures ou des aménagements. Ils souhaitent une séparation physique des trafics sur tous les tronçons actuellement prévus en simple bande et la priorité donnée aux cyclistes aux intersections et giratoires prioritaires.
Réduction de la vitesse maximale
Pour réduire le danger à la source et respecter les normes légales en matière de bruit, les partis demandent l’abaissement des vitesses maximales (de 80 à 60 km/h sur les routes cantonales mixtes, et de 50 à 30 km/h en zone urbaine sous certaines conditions).
Enfin, pour ancrer durablement la pratique du vélo, les groupes proposent d’inscrire l’apprentissage du vélo dans le cursus scolaire obligatoire, au même titre que la natation, et de déployer des parcours sécurisés pour atteindre l’école à vélo. La demande inclut également une refonte de l’éducation routière pour y intégrer systématiquement les représentants d’associations de mobilité douce.