Prix du pétrole rebondit après l'échec des pourparlers Iran-États-Unis
Le pétrole à 100 dollars
Les cours du pétrole atteignaient à nouveau ce lundi les 100 dollars le baril. Sans surprise, l'échec des négociations avec l'Iran ce week-end à Islamabad et l'annonce du blocus des ports iraniens par les Etats-Unis ont été mal accueillis par les investisseurs.
Vers 17h00, le prix du baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 6,1% à 101,00 dollars. Son équivalent américain, le WTI, montait quant à lui de 6,0% à 102,39 dollars.
L'annonce par le président américain Donald Trump d'un blocus des ports iraniens, qui devait débuter ce lundi après-midi, suite à l'échec des négociations avec l'Iran, risque d'aggraver la crise énergétique mondiale, selon les analystes de la plateforme Trading Economics.
"Les données de l'OPEP ont montré une forte baisse de la production de pétrole en mars, due à des reculs importants chez les principaux producteurs, dont l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït", rapportent-ils.
"Nous restons convaincus que les prix du pétrole brut continueront vraisemblablement à progresser tant que le trafic dans le détroit d'Ormuz demeurera restreint", relève Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. L'expert constate également que les tensions sur le marché devraient commencer à affecter le bassin atlantique, sous l'effet d'une demande accrue de barils en provenance d'Asie.
"De manière générale, les investisseurs se montrent prudents, mais pas désespérés, face à la situation en Iran. Ils attendent de voir s'il y aura une nouvelle confrontation ou simplement des manoeuvres d'intimidation", estime de son côté Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Bond du cours du gaz
Le gaz TTF néerlandais, qui fait référence en Europe, bondissait ce lundi, après l'annonce du blocus américain des ports iraniens. Vers 17h00, le cours progressait de 6,1% à 46,33 euros le mégawattheure.
"Si la plupart des exportations de gaz du Moyen-Orient sont généralement destinées à l'Asie, une perturbation prolongée du détroit d'Ormuz accentuerait la concurrence entre les régions importatrices, d'autant plus que l'Europe doit reconstituer ses stocks avant l'hiver prochain", commentent les analystes de la plateforme Trading Economics.
Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Golfe sont interrompues depuis plus d'un mois, la plus grande usine de GNL au monde, située au Qatar, étant hors service depuis début mars après avoir été touchée par des frappes iraniennes.