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Economie et finances

Le pétrole s'envole de plus de 7% après le discours de Trump sur l'Iran

Le pétrole s'envole de plus de 7% après le discours de Trump sur l'Iran

Le pétrole repart en nette hausse

Les cours du pétrole rebondissaient de plus belle jeudi, les deux références du marché prenant plus de 7%. Un discours plus offensif que prévu de la part de Donald Trump a douché les espoirs d'un apaisement rapide de la guerre qu'il mène contre l'Iran.

Après avoir reculé depuis le début de la semaine dans la perspective d'une accalmie, passant même sous le seuil des 100 dollars le baril, le Brent de la mer du Nord, pour son contrat de livraison en juin, décollait vers 12h40 de 7,31%, à 108,57 dollars. Son équivalent américain de quelque 159 litres de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, prenait lui 7,94% à 108,05 dollars.

Dans un très attendu discours à la nation, le président américain a promis de frapper "extrêmement durement" l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment ses infrastructures énergétiques, bien qu'il se soit aussi dit "proche de remplir" les objectifs stratégiques américains. "Cette communication a été perçue comme un facteur d'incertitude supplémentaire, avec une remontée brutale des prix du pétrole", a constaté John Plassard.

Selon le responsable de la stratégie d'investissement de la banque Cité Gestion, "les investisseurs ont (...) intégré le risque d'un conflit plus long que prévu, malgré le discours officiel de fin imminente. Cela renforce l'idée que le scénario central reste celui d'un choc d'offre énergétique persistant, avec des implications directes sur l'inflation mondiale".

D'autant plus que "le discours du président américain Donald Trump n'a pas apporté d'information nouvelle sur le conflit en Iran ou un éventuel retrait des Etats-Unis de l'Otan", a ajouté l'économiste d'Unicredit, Andreas Rees, joint par l'AFP. "Résultat, les marchés ont réagi négativement".

"La réaffirmation par le président que les pays dépendants du détroit d'Ormuz doivent agir pour garantir sa réouverture a soutenu la hausse de la prime de risque du Brent", "laissant présager de nouvelles opérations militaires dans les prochains jours", rapporte aussi Claudio Galimberti, analyste de Rystad Energy, basé au Texas.

Car en attendant, "le détroit d'Ormuz est toujours de facto fermé", ce qui "réduit l'offre de pétrole sur le marché", constate Ryan Sweet, d'Oxford Economics. "La libération des réserves stratégiques et la réduction des stocks seront d'autant moins efficaces que leur niveau diminuera, si le détroit d'Ormuz reste fermé", ajoute-t-il.

Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) mercredi, la réserve stratégique des États-Unis a perdu environ 300'000 barils durant la période de sept jours achevée le 27 mars. L'organisme a au passage signalé une "hausse significative de 5,5 millions de barils des stocks (commerciaux, ndlr) de brut américains la semaine dernière", signale Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown, "qui aurait normalement pesé sur les prix, mais qui est passée inaperçue dans le contexte actuel".

ATS