Les députés réclament une enquête après la reprise de Volta par RHNe
Grand Conseil - NE
La reprise dans l'urgence à fin décembre du Groupe Santé Volta par le Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) a fait fortement réagir le Grand Conseil. Certains députés seraient favorables à l'ouverture d'une enquête parlementaire et que la lumière soit faite sur cette transaction.
"A ma connaissance, il n'y a pas de cadavres dans le placard. Le RHNe, qui a dû mettre 100'000 francs pour créer la société Reso.ne, a repris les contrats de travail, les baux et les équipements mais pas les dettes de Volta, qui ne sont pas liées à l'exploitation", a déclaré Frédéric Mairy, conseiller d'Etat en charge de la santé.
Pour 2026, la société Reso.ne, qui a été créée à cet effet, devrait être déficitaire de moins de 900'000 francs. Elle devrait atteindre l'équilibre financier d'ici à deux à trois ans. "Des mesures devront être prises pour optimiser le fonctionnement", a ajouté Frédéric Mairy.
Pas la même philosophie de soins
"Le Groupe Volta n'a pas la même philosophie de soins et la même rigueur financière que le RHNe", a déclaré Blaise Courvoisier (PLR). Selon lui, la structure non viable de Volta était connue. Le député se demande si cette reprise n'a pas juste été décidée pour contrer l'hégémonie d'un groupe privé (ndlr: Swiss Medical Network).
Frédéric Mairy a reconnu que le Groupe Volta avait une structure de charges inadaptée avec des loyers onéreux et des difficultés de recrutement. Le partenariat avec Volta a montré des limites. "Les conditions n'étaient pas aussi bonnes que l'on pensait", a précisé Frédéric Mairy.
Dans une interpellation, le PLR Fabio Bongiovanni s'est interrogé notamment sur le fait que RHNe et Admed – tous deux déficitaires – aient pris une participation dans un groupe déficitaire en espérant dégager à terme du bénéfice.
RHNe avait pris en février 2024 30% du capital de Volta, soit une somme de 2,2 millions de francs et le laboratoire Admed 25% du capital. En plus, l'établissement a prêté 1,5 million au groupe entre juin et décembre 2025 en trois tranches.
Pour le conseiller d'Etat, la reprise de Volta est une opportunité. Cette transaction "va faciliter le virage vers l'ambulatoire, la mise en place d'un réseau de soins décentralisé sur quatre sites, et développer la capacité de recrutement du RHNe", a-t-il expliqué. "Construire un réseau ex nihilo aurait certainement coûté plusieurs millions", a-t-il précisé.
Pas d'argent public à des actionnaires
Yasmina Produit (PS) s'est étonnée que le personnel de Volta, repris par Reso.ne, ne bénéficie pas pour l'heure de la CCT-santé 21. "Le Code des obligations le permet. Il y a eu d'autres priorités dans un premier temps. La réflexion est ouverte. Il faudra définir les prestations et l'impact, notamment financier, d'une extension de la CCT au personnel de Reso.ne", a expliqué Frédéric Mairy.
En réponse à une remarque de la députée Jennifer Angehrn (UDC), le conseiller d'Etat a précisé qu'il n'y a pas eu d'argent public qui a servi à verser des dividendes à des actionnaires privés. Face à la demande de plusieurs députés d'ouvrir une enquête parlementaire sur le sujet, Frédéric Mairy a estimé que cela serait plus adéquat que cela soit discuté dans le groupe de travail commun aux commissions de santé, financière et de gestion.
Le conseiller d'Etat a ajouté que la transaction s'est faite dans le "respect strict du cadre légal".