Députés refusent une navette dédiée entre la Gouglera et Fribourg
Grand Conseil - FR
Les députés fribourgeois ont refusé lundi soir un postulat interparti, issu de l'UDC, demandant d'exploiter un bus sécurisé comme alternative à la ligne TPF pour relier Fribourg au centre fédéral d'asile de la Gouglera, à Chevrilles. Une courte majorité a suivi l'avis du Conseil d'Etat.
Le postulat, qui aurait débouché sur une étude, a été rejeté par 46 voix contre 40 et 3 abstentions. Le sujet a suscité de nombreuses prises de parole, sous l'angle de la sécurité dans les transports publics. L'idée aurait consisté à évaluer la mise en place un service de navettes entre Eichholz et le centre-ville de Fribourg.
A la base, le postulat provenait des députés UDC Bruno Riedo et Achim Schneuwly, qui entendaient garantir la sécurité des passagers et des chauffeurs des Transports publics fribourgeois (TPF), tout en réduisant les risques auxquels s’exposent les requérants en marchant le long de la route pour rejoindre l’arrêt de bus.
Pas opportun
Le Conseil d'Etat, via son président et ministre des affaires sociales Philippe Demierre, a écarté la perspective d'une ligne de bus particulière en présentant un rapport de quatre pages, servant de son point de vue de suite directe au postulat. A ses yeux, la solution n'est "ni opportune ni nécessaire".
Le gouvernement a rappelé que la gestion du centre fédéral, y compris les aspects logistiques et opérationnels liés à la mise en place d’un service de navettes, est du ressort du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) et que celui-ci n’envisage une telle solution que dans des cas où l'accessibilité d'un site s'avérait insuffisante.
Et qu’une problématique clairement identifiée et documentée le justifiait, a précisé l'exécutif dans sa réponse. "Des conditions qui ne sont pas réunies en l’espèce", a-t-il estimé encore, en ajoutant "qu’empêcher les requérants d’accéder aux transports publics serait discriminatoire et violerait la Constitution".
Bonne collaboration
L’arrêt de bus Eichholz, desservi par la ligne TPF 129, se situe à 10-15 minutes de marche du centre d’asile et la situation sécuritaire n’est pas préoccupante, a assuré le Conseil d'Etat. Depuis l’ouverture du centre de la Gouglera en 2018, la police n’a enregistré que douze plaintes de passagers.
Celles-ci concernaient des infractions au patrimoine (8), contre l’intégrité sexuelle (1), contre l’autorité publique (1) et contre l’honneur (1). "Grâce à la bonne collaboration avec les TPF et le SEM, les auteurs ont été identifiés et dénoncés à l’autorité compétente, a constaté le gouvernement.
"La mise en balance entre les besoins d’un service de navettes et les coûts supplémentaires qui en découleraient ne justifie pas, à ce stade, une intervention fédérale ou cantonale", conclut le rapport.