2457 signatures pour une réforme du système scolaire neuchâtelois
Enseignement
Une pétition munie de 2457 signatures en faveur d'un système scolaire plus adapté aux besoins des élèves a été déposée mercredi au Conseil d'Etat et au Grand Conseil neuchâtelois. Cette démarche émane d'enseignants inquiets pour l'avenir de l'école obligatoire du canton.
Les signataires de la pétition déplorent l'insuffisance de structures et de ressources destinées à accompagner les enfants à besoins particuliers, notamment ceux présentant des troubles comme le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) ou du trouble du spectre de l'autisme. Parallèlement, les programmes scolaires se sont alourdis sans moyens supplémentaires.
Le corps enseignant constate un écart grandissant entre le discours politique et la réalité quotidienne vécue au sein de l'enseignement obligatoire, souligne le Syndicat des services publics - Région Neuchâtel (SSP) qui soutient la démarche initiée par les enseignants.
"Les pétitionnaires ont voulu lancer un signal d'alarme à l'adresse des autorités", a expliqué à Keystone-ATS Claude Grimm, secrétaire régionale du SSP - Région Neuchâtel. Ils demandent notamment une diminution du nombre d'élèves par classe et une pondération des effectifs de classe en fonction des élèves à besoins particuliers.
Autre revendication, un développement du co-enseignement sans augmentation des effectifs et davantage de soutien pour les élèves. L intégration des enfants en situation de handicap dans les classes régulières doit seulement avoir lieu s'ils sont en mesure de suivre l'enseignement et de s'adapter à l'environnement scolaire.
Conditions d'enseignement
Quant aux élèves dits "ordinaires" dont la proportion diminue, ils ne bénéficient plus de l’attention, du soutien et de la stabilité dont ils ont besoin, déplorent les pétitionnaires, le corps enseignant étant de plus en plus mobilisé pour pallier les dysfonctionnements du système.
Lors de la remise de la pétition, des enseignants ont témoigné de leur réalité quotidienne: "en 1ère année, des élèves arrivent à l’école sans savoir s’habiller, aller aux toilettes, tenir un crayon, des ciseaux ou de la colle. Certains n’ont jamais vu un livre et arrivent en poussette. "D’autres n’ont jamais eu de contact avec d’autres enfants", relève le SSP dans son communiqué.