Suisse - Bosnie : victoire impérative à Los Angeles en Coupe du monde
Mondial: La Suisse doit se rattraper
Après avoir gâché la fin de son premier opus, la Suisse a besoin d'une victoire jeudi contre la Bosnie, à Los Angeles. Y a-t-il meilleur décor pour réécrire le scénario de sa Coupe du monde?
Sur les hauteurs du Mount Lee, neuf célèbres lettres blanches dominent une mégapole tentaculaire, quadrillage de béton à perte de vue. Elles indiquent "Hollywood", terre de chefs-d'oeuvre et de séries B, là où les stars se révèlent, les carrières se brisent et les rédemptions s'écrivent.
C'est à quelques kilomètres au sud du Walk of Fame et de l'illustre Chinese Theatre que la Suisse va vivre le deuxième acte de son Mondial jeudi midi (21h00 en Suisse). La scène s'annonce tout aussi prestigieuse: l'ultramoderne Los Angeles Stadium, dont la construction achevée en 2020 a coûté plus de cinq milliards de dollars, un record pour un stade.
Rieder, l'optimiste
"Personnellement, je m'entraîne tous les jours pour ce genre de matches, pour jouer dans ce genre de stades." L'aveu est signé Fabian Rieder, choisi par l'ASF pour "affronter" les médias mardi à la San Diego Jewish Academy.
Fidèle à son habitude, le sympathique Bernois d'Augsbourg (24 ans) a affiché un optimisme sincère devant les journalistes, à J-2 d'un match capital pour la suite de la compétition. "L'équipe n'a pas changé depuis les qualifications", a assuré le milieu offensif. "On veut montrer à toute la Suisse, à tous les supporters qui ont été déçus après le premier match (réd: 1-1 contre le Qatar), que nous avons de la qualité, du talent et une bonne cohésion."
Une réaction - en fait, une victoire - est attendue pour éviter que la saga nord-américaine ne tourne à la catastrophe. En cas de défaite ou de match nul, il ne resterait plus qu'un duel à haut risque à Vancouver, chez l'un des pays hôtes, pour éviter l'humiliation d'une élimination précoce.
Danger aérien
La Bosnie reste toutefois largement à la portée de la sélection de Murat Yakin. Les Bosniens ont eux aussi partagé l'enjeu pour leur premier match contre le Canada (1-1) après avoir été tenus en échec par la Macédoine du Nord (0-0) et le Panama (1-1) en préparation.
Ce ne sera que la deuxième affiche de l'histoire entre les deux pays. La première avait eu lieu en 2016 au Letzigrund et la Bosnie s'était imposée 2-0 grâce à des buts d'Edin Dzeko et Miralem Pjanic, à une époque où les deux joueurs étaient au sommet de leur carrière. Le buteur est toujours là, à 40 ans, mais il n'a pas joué la moindre minute vendredi à Toronto.
La principale force de la Bosnie réside dans son bloc compact. Sa défense centrale (Katic, Muharemovic) domine le jeu aérien et ses latéraux rugueux (Dedic, Kolasinac) ne se laissent que rarement déborder. Offensivement, elle est tout aussi redoutable dans les airs: quatre de ses cinq derniers buts (en six matches) ont été inscrits de la tête.
Le verre à moitié plein
Les Suisses sont donc prévenus. Mais dans le désarroi de leur entrée en lice ratée, ils ont acquis plusieurs certitudes, comme celle d'avoir pu se créer de nombreuses occasions face à un adversaire regroupé. "Après une victoire, tout n'est pas toujours rose, et après une défaite ou un match nul, tout n'est pas toujours noir", a sagement rappelé Fabian Rieder, ajoutant que la Suisse aurait pu marquer plus de buts face au Qatar si elle avait été "dans un bon jour".
Les difficultés rencontrées par d'autres grosses nations lors de leur premier match ont aussi ramené un peu de nuance. Ni l'Espagne, ni la Belgique, ni l'Uruguay ne sont parvenus à s'imposer pour leur entrée en lice dans ce Mondial.
"Mais il faut tout de même être très clair: ce n'était pas suffisant", a tenu à souligner l'ancien joueur d'YB. "Il est évident que nous ne devons pas encaisser de but à la 94e minute. De plus, notre pressing vers l'avant n'était pas au point en deuxième mi-temps."
Après avoir analysé ses errances, l'équipe de Suisse assure être prête pour le tournage de son deuxième film, entre les palmiers de Venice Beach et les trottoirs d'Hollywood Boulevard. C'est le moment de briller... ou de disparaître de l'affiche. Lumières. Caméra. Action!