Toyota relève ses prévisions de bénéfice 2026/27 grâce aux hybrides
Toyota relève sa prévision de bénéfice
Le géant automobile japonais Toyota a relevé jeudi ses prévisions de bénéfice pour l'ensemble de son exercice 2026/27. Le relèvement est motivé par une demande "robuste" pour les véhicules hybrides et l'affaiblissement du yen, malgré l'érosion des ventes en Chine.
Le constructeur, numéro un mondial du secteur, attend désormais sur son exercice décalé un bénéfice net de 3570 milliards de yens (18,40 milliards de francs), contre 3250 milliards précédemment, ce qui représenterait néanmoins un recul de 7,2% sur un an. Les ventes sont restées "résilientes", tirées par les véhicules hybrides, notamment aux Etats-Unis, et "une optimisation des chaînes d'approvisionnement mondiales" a permis de "limiter" l'impact de la flambée des coûts des matières premières et des transports provoquée par le conflit au Moyen-Orient, assure l'entreprise.
Ce facteur s'est conjugué à l'affaiblissement du yen, qui a glissé cet été à son plus bas niveau depuis quatre décennies : le taux de change est un facteur crucial pour Toyota, qui réalise quelque 80% de ses ventes à l'international tout en conservant une base industrielle au Japon. Bien qu'inférieur aux anticipations des analystes sondés par Bloomberg, ce relèvement des prévisions a ravi les marchés: vers 06h30, l'action Toyota flambait de 15,15% à la Bourse de Tokyo.
De quoi éclipser un deuxième trimestre (juillet-septembre) sans grand éclat: le constructeur nippon a vu son bénéfice net reculer de 18,5% sur un an, à 759,4 milliards de yens, très en-deçà des attentes, toujours miné par le renchérissement des matériaux, mais aussi des perturbations dans ses usines nippones dues à des séismes et inondations.
Son chiffre d'affaires a en revanche bondi de 8,6% sur un an sur le trimestre à 13.437 milliards de yens, grâce à une progression de ses ventes en termes d'unités au Japon et en Europe, et leur stabilisation en Amérique du Nord --en dépit des taxes douanières imposées par Washington. Sur l'ensemble de l'exercice 2026-2027, qui s'achèvera fin mars, Toyota s'attend à voir son chiffre d'affaires progresser de 5,6% sur un an à 53'500 milliards de yens --un chiffre qu'il a légèrement révisé en baisse jeudi.
"L'environnement concurrentiel (reste) difficile", a d'ailleurs reconnu le constructeur. Et ce en particulier en Chine: Toyota y a encore vu ses ventes plonger de 23% sur un an en août en nombre d'unités.
Sur ce marché crucial, le groupe nippon --en retard sur l'offre de voitures 100% électriques-- affronte la concurrence acérée des constructeurs automobiles locaux, dont le champion chinois BYD, qui multiplient les lancements de véhicules aux options sophistiquées... alors même que les ventes dans le pays s'essoufflent dans une conjoncture économique maussade.