La Télé - Télévision régionale Vaud et Fribourg La Télé
Politique

Trump nomme Stephen Miller chef de cabinet de la Maison Blanche

Trump nomme Stephen Miller chef de cabinet de la Maison Blanche

Trump change de directeur de cabinet

Donald Trump a nommé Stephen Miller, un fidèle et un représentant de la droite dure, au poste influent de directeur de cabinet de la Maison Blanche. Ce choix indique une volonté de confrontation plus que de modération après la déroute de son parti aux "midterms".

Il s'agit du premier grand remaniement après la victoire éclatante mardi du Parti démocrate lors des élections de mi-mandat, interprétée comme un rejet en bloc des deux premières années du second mandat Trump.

"Stephen est avec moi depuis le début. Il comprend les choses. C'est un fin politique", a expliqué le président américain à des journalistes à la Maison Blanche.

Il a précisé sur son réseau Truth Social que Stephen Miller, 41 ans, connu surtout pour être l'architecte de sa politique anti-immigration agressive, prendrait lundi la place de l'actuelle directrice de cabinet, Susie Wiles, 69 ans, appelée à occuper d'autres fonctions dans l'orbite du milliardaire, mais hors du gouvernement. "Je veux la remercier, elle a fait un excellent travail", a écrit le républicain de 80 ans.

"Mon rôle change peut-être mais mon engagement pour le président et sa mission ne changeront jamais", a écrit sur X Susie Wiles, première femme à occuper ce poste. Pilote de la dernière campagne présidentielle de Donald Trump, elle a été traitée récemment d'un cancer du sein, dont elle a annoncé en septembre être guérie.

Chef d'orchestre

Selon une source à la Maison Blanche, elle a remis sa démission jeudi soir.

Le poste de directeur de cabinet, "chief of staff" en anglais, est peut-être le plus stratégique de l'exécutif américain. C'est une sorte de chef d'orchestre de l'action gouvernementale, un peu comme, en France, le secrétaire général de l'Élysée.

L'arrivée de celui qui était jusqu'ici directeur de cabinet adjoint dans ce rôle a été immédiatement saluée par d'autres représentants de la droite identitaire au sein du gouvernement, ainsi que par plusieurs influenceurs du mouvement "Maga" (Make America Great Again).

"Stephen Miller est un formidable patriote qui va faire de grandes choses", a écrit le vice-président JD Vance sur X. "ENORMES félicitations", a réagi le chef du Pentagone Pete Hegseth, dont la position est jugée très précaire à cause de l'impopulaire guerre en Iran, en jugeant que Stephen Miller ne "reculait jamais".

Le quadragénaire originaire de Californie, aux traits toujours tendus et à la parole souvent stridente, est le porte-voix à la Maison Blanche des identitaires qui décrivent l'immigration comme une menace existentielle pour l'Amérique, conçue dans leur rhétorique comme une nation blanche chrétienne.

Les démocrates ont fait part de leur indignation face à cette nomination, en assurant que les élections de mi-mandat avaient également été une condamnation des méthodes brutales de la police anti-immigration ICE, qui mène la campagne d'expulsions massives voulue par la Maison Blanche.

"Sang sur les mains"

Le chef des démocrates au Sénat américain, Chuck Schumer, s'est engagé vendredi à "combattre pied à pied" le nouveau directeur de cabinet, qu'il décrit comme "l'architecte des politiques les plus barbares et inhumaines" du gouvernement Trump. "Donald Trump n'a rien appris de sa défaite historique", a déclaré le sénateur démocrate sur les réseaux sociaux.

"Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains", a protesté Hakeem Jeffries, meneur des démocrates à la Chambre des représentants, l'autre composante du Congrès américain.

En janvier, le conseiller avait rapidement qualifié de "terroriste" Alex Pretti, un Américain tué par des agents fédéraux à Minneapolis sur fond de manifestations contre la présence de l'ICE, avant de revenir sur ses déclarations.

Dans sa première réaction après la prise de contrôle du Congrès par ses opposants, Donald Trump avait rappelé qu'il avait un pouvoir de veto sur les lois, mais s'était aussi dit prêt à travailler avec ses opposants.

La nomination de Stephen Miller augure plutôt d'une approche batailleuse, face à des démocrates qui pourraient lancer plusieurs enquêtes sur le président républicain et ses proches.

ATS