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Climat: la rue se remobilise, que reste-t-il des manifs pionnières?

Climat:  la rue se remobilise, que reste-t-il des manifs pionnières?

Des milliers de personnes sont attendues ce samedi à Lausanne sous l'impulsion de la coalition Pas d'été à 50 degrés, l'occasion de revenir sur les débuts d'un mouvement qui, en 2019, avait politisé toute une génération de gymnasiens.

Le 18 janvier 2019, plus de 8000 gymnasiennes et gymnasiens descendent dans la rue pour la première grève du climat dans le canton de Vaud. Zakaria Dridi et Gary Domeniconi figurent parmi les premiers mobilisés. Pour eux, cet événement a marqué une génération : « Ça a politisé des jeunes », se souvient l'un d'eux, au micro de La Télé Vaud Fribourg. « Étant donné l'ampleur du sujet à l'époque et de la prise de conscience, ça bouillonnait. C'était clair que ça allait être grand. »

Des avancées en termes de sensibilisation, mais une frustration politique

Si les deux militants reconnaissent volontiers que la connaissance du problème climatique a progressé dans la population, ils expriment une profonde frustration face à l'inaction des dirigeants. « Il y a un côté extrêmement frustrant de voir que malgré toutes les mobilisations qu'on a faites, les dirigeants ont une certaine perméabilité aux revendications de la rue », déplore Gary Domeniconi. Le collectif Grève du climat avait pourtant tenté d'agir sur le plan institutionnel : lancement d'une candidate au Conseil d'État, propositions de mesures, pétitions, et même intégration au plan climat. En vain. Des conseillères d'État leur avaient déclaré sans détour qu'elles visaient non pas 1,5 °C mais plutôt 2 °C de réchauffement, rappellent les deux militants

Un mouvement qui ne s'est jamais éteint

Reçus jusqu'à Simonetta Sommaruga, les militants ont eu le sentiment d'être traités comme de « gentils grévistes » sans véritable pouvoir. Ils insistent pourtant : « On a produit de la documentation scientifique, il y a des solutions qui existent. Elles n'ont pas été entendues, mais elles sont là. » Le mouvement, qui n'a jamais disparu, revient ce samedi dans la rue, porté par le collectif Pas d'été à 50 degrés, armé d'un manifeste proposant des mesures concrètes contre le dérèglement climatique.