Sécheresse record : les agriculteurs face à des pertes de cent millions de francs
Stéphanie Casarin et Sandra Hildebrandt
Après un été caniculaire et un automne qui n'a rien arrangé, l'agriculture vaudoise tire un bilan désastreux : les associations agricoles estiment les pertes à 100 millions de francs, avec des rendements en chute de 30 à 50% selon les cultures.
La sécheresse persistante de l'été 2026 a durement frappé les productions vaudoises. Les betteraves sucrières ont connu leur pire saison en 30 ans, avec des récoltes pouvant diminuer de 50% par rapport à l'année précédente. Les pommes de terre ont également souffert : en Suisse, seulement 50'000 tonnes ont été récoltées, contre 330'000 tonnes l'année passée. L'agriculteur Sébastien Pache, producteur de plants de pommes de terre à Thierrens, témoigne d'un rendement réduit à environ 70% pour les plants et à seulement 50% pour les pommes de terre de consommation, avec un résultat financier nul, voire légèrement négatif sur cette branche.
Des solutions coûteuses à mettre en place
Face à ces aléas climatiques, le canton encourage la mise en place de systèmes d'irrigation, comme le projet Arrobroye dans la Broye. Mais ces infrastructures ont un coût : si elles sont subventionnées entre soixante et soixante-cinq pour cent par la Confédération et le canton, le solde reste à la charge de l'agriculteur. Martin Pidoux, directeur de Prometerre, évoque également d'autres pistes : constitution de stocks de fourrage et d'eau, adaptation des pratiques agronomiques, et à plus long terme, évolution des types de cultures, dans le respect des attentes du marché et des consommateurs.
Une aide d'urgence jugée insuffisante
Le Grand Conseil vaudois a voté une aide d'urgence de 30 millions de francs. Prometerre estime toutefois les pertes totales à 120 millions, en comptant 20 millions supplémentaires attendus en 2027 en raison du manque de fourrage dans les granges. Cette aide sera « bienvenue pour faire face aux problématiques à court terme », notamment le manque de liquidités, mais ne suffira pas à compenser l'ensemble des pertes. Martin Pidoux conclut que l'année 2026 restera « une année catastrophique pour l'agriculture vaudoise », et soulève une question plus large : comment nourrir une humanité croissante avec des ressources de plus en plus limitées, à l'horizon 2050.
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