Berne refuse un droit de veto aux communes sur l'asile
Grand Conseil
Le canton de Berne pourra toujours décider où il souhaite ouvrir un centre d'hébergement pour les requérants d'asile. Le Grand Conseil s'est prononcé par 86 voix contre 57 contre une motion accordant un droit de veto aux communes.
Pour le motionnaire, le député centriste René Maeder, les communes désignées pour abriter de grands centres d'asile doivent avoir voix au chapitre. Il demandait que l'accord de la commune soit recueilli si le nombre de requérants dépasse 5% de la population résidente.
Pour les signataires de la motion, la pratique actuelle montre que les communes n’ont pas vraiment la possibilité de donner leur avis lors de la planification de grands centres d’hébergement. Dans le même temps, des coûts supplémentaires sont générés au niveau communal,qui ne sont pas toujours entièrement compensés.
A Kandersteg, qui compte 1300 habitants, le centre d'hébergement prévu par le canton a une capacité de 200 lits, entraînant ainsi une augmentation de la population de 15%, a déclaré René Maeder. La collaboration entre le canton et les communes dans le domaine de l’asile doit se dérouler sur une base transparente et équilibrée.
Le conseiller d'Etat Pierre Alain Schnegg a dit comprendre certaines craintes. Mais le directeur de la santé, des affaires sociales et de l'intégration a ajouté que la plupart de ces craintes disparaissent une fois la phase de mise en oeuvre engagée. Un changement de système constituerait un revers pour les efforts d'intégration.
La majorité du Grand Conseil a préféré suivre l'argumentation du gouvernement. Elle estime qu'une obligation pour le canton d’obtenir l’accord des communes limiterait considérablement sa capacité d’action et l’empêcherait de mener sa tâche à bien. Il ne pourrait notamment plus garantir à des fins de planification et de gestion que le nombre de places d’hébergement est suffisant.