Pologne : la droite manifeste devant le Tribunal constitutionnel
Manifestation de la droite en Pologne
Plus d'un millier d'opposants de droite ont manifesté vendredi à Varsovie pour "défendre" les réformes de la plus haute juridiction du pays. Menées par le précédent gouvernement, celles-ci sont condamnées par la coalition au pouvoir et par les tribunaux européens.
Les manifestants se sont rassemblés devant le Tribunal constitutionnel à l'appel de factions de droite, dont l'association conservatrice "Kluby Gazety Polskiej", du nom d'un magazine d'opposition.
Les manifestants affirment que le gouvernement actuel du Premier ministre Donald Tusk envisage de prendre le contrôle de la plus haute juridiction du pays.
Cette manifestation est le dernier épisode d'une longue crise de l'Etat de droit, au cours de laquelle le parti précédemment au pouvoir, Droit et Justice (PiS), a remanié le système judiciaire, dont la composition de cette cour.
"Des représentants de la coalition au pouvoir, des commentateurs qui lui sont proches et certains juristes ont publiquement évoqué la possibilité de prendre des mesures décisives contre le Tribunal constitutionnel", a affirmé l'association sur son site internet.
Vendredi, plus d'un millier de personnes ont manifesté en brandissant des drapeaux polonais et en entonnant des chants patriotiques, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'actuel gouvernement pro-européen ne reconnaît pas les décisions du Tribunal constitutionnel, estimant que sa loyauté va au PiS, désormais dans l'opposition.
Juges ouvertement politiques
En 2015, le gouvernement du PiS y avait nommé des juges ouvertement politiques et le parlement avait ignoré les nominations effectuées sous l'administration précédente, désignant illégalement trois autres juges. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné cette décision en 2021, déclarant la formation de la cour "illégale".
Après avoir repris le pouvoir à l'issue des élections de 2023, le gouvernement de Donald Tusk s'était engagé à résoudre la crise. Mais ses nominations au tribunal n'ont pas été entérinées par le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki.
En conséquence, "une procédure pénale est en cours", a déclaré le ministre de la justice Waldemar Zurek à la radio privée Radio ZET. "Je pense que nous pouvons nous attendre à des initiatives du parquet dans les semaines à venir", a-t-il ajouté, précisant que la police pourrait être déployée dans l'enceinte du Tribunal si sa présidente ne se soumettait pas à l'enquête.