Neuchâtel : pas de formation obligatoire des députés sur le climat
Grand Conseil - NE
Le Grand Conseil neuchâtelois a classé mardi une pétition demandant que les députés se forment obligatoirement sur le réchauffement climatique et la crise écologique. Le classement a été approuvé par 56 oui, 35 non et 7 abstentions.
Pour le vert'libéral Mauro Moruzzi, les semaines de canicule de cet été ont été "la meilleure réponse possible à cette pétition". Le député s'est néanmoins opposé à celle-ci car il estime qu'une information de qualité est abondante et facilement accessible. Pour lui, la seule question est "de ne pas nier les faits, mais de les assumer et de prendre les mesures nécessaires".
"Le Conseil fédéral et l'Assemblée fédérale ont minimisé le problème, mais c'est un choix politique. Les choses sont un peu différentes à Neuchâtel (...) On peut classer la pétition, mais pas notre responsabilité", a ajouté Mauro Moruzzi.
Etant donné les "désinformations" sur la crise climatique et écologique, qui "est le plus grand défi auquel on doit faire face, chaque député doit être dûment informé. Il n'est pas insensé de mettre en place une formation obligatoire ou fortement recommandée", a expliqué la Verte Cloé Dutoit.
Mandat libre
Si la socialiste Fabienne Robert-Nicoud a rappelé que "le climat est une priorité absolue" et que "la crise est trop importante pour laisser totalement la liberté de vote", le groupe PS était partagé sur l'obligation d'une formation sur ce sujet. "L'inaction climatique relève-t-il encore d'un manque de formation ?", s'est interrogée la députée.
Manon Freitag, membre du groupe PLR-Le Centre, a rappelé que "le mandat de député est libre" et que chaque membre du Grand Conseil peut choisir librement de compléter ses connaissances. Elle a rappelé que le bureau du parlement a déjà organisé en 2022 une séance d'information sur le sujet.
La députée UDC Roxann Barbezat craint la création d'un précédent. "Des outils existent déjà. Il n'appartient pas au bureau d'imposer" une formation sur une thématique, a-t-elle ajouté.
Les 195 signataires de la pétition, déposée le 9 décembre 2025 par la Grève du climat, demandaient que le bureau du Grand Conseil organise une formation sur le réchauffement climatique, la crise écologique et leurs enjeux à chaque législature et, si possible, lors de la première année de celle-ci. Selon elle, si cette formation ne peut pas être rendue obligatoire, tout devrait être mis en œuvre afin d’encourager et de permettre une participation la plus large possible.