Initiative sur la neutralité suisse mal reçue au Conseil national
Vers un non à l'initiative sur la neutralité
La neutralité suisse ne doit pas être définie de manière plus stricte. A part l'UDC, soutenue par quelques élus PLR, tous les partis ont critiqué l'initiative populaire sur la neutralité au National. L'idée d'un contre-projet direct est aussi sur la table.
L'initiative "Sauvegarder la neutralité suisse", déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC, veut qualifier la neutralité helvétique de "perpétuelle et armée". Elle exige aussi que la Suisse n'adhère à aucune alliance militaire ou de défense, ni ne prenne de sanctions économiques ou diplomatiques contre un Etat belligérant, sous réserve de ses obligations envers l'ONU.
Il s'agit de garantir la neutralité dans tous les cas, et non au cas par cas, selon Lukas Reimann (UDC/SG). Et de relever qu'actuellement, la neutralité "n'est pratiquement pas codifiée dans le droit", ce qui rend la Suisse "peu crédible".
La neutralité figure déjà dans la Constitution, a contré Laurent Wehrli (PLR/VD) pour la commission. Il a rejeté une définition rigide qui limiterait inutilement la marge de manoeuvre de la Suisse en matière de politique extérieure, alors que la situation actuelle dans le monde est particulièrement incertaine.
Plusieurs orateurs ont souligné que la neutralité ne devait pas être une fin en soi, mais un instrument pour servir les intérêts helvétiques, notamment en matière de bons offices et de promotion de la paix. Le Conseil fédéral est aussi opposé à l'initiative.
Le débat se poursuit mercredi soir et jeudi matin.